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Contemplation.

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Alyss S. Lindon
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Féminin Messages : 35
Date de naissance : 13/03/1998
Date d'inscription : 07/08/2014
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Job : Elle peint mais ne vit pas de ses peintures, si c'est ça que vous voulez savoir.
Côté coeur : Pas grand chose, à vrai dire.
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Dortoir & numéro de chambre: Dortoir A - Chambre n°06
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MessageContemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 0:16





Rien ni personne n'aurait pu gâcher la journée d'Alyss, vraiment rien. Du moins, c'est ce qu'elle s'était dites la matinée même, lorsqu'elle elle avait été mise de bonne humeur par un rêve qu'elle avait fait, absolument génial. Bon, elle l'avait totalement oublié, mais le bien-être qu'elle avait ressentit en se réveillant était révélateur de la nature de son rêve. Un songe fantastique comme elle les aimait, comme elle les oubliait à chaque fois. Sauf certains, qu'elle avait tenté de transposer sur un tableau, parfois avec plus ou moins de succès.

Quoiqu'il en soit, une telle matinée se devait d'être appréciée comme il se doit. Et quoi de mieux, pour Alyss, que de fêter ça en peignant. Pas une toile, juste une feuille canson, pour le simple plaisir d'avoir un pinceau entre ses doigts. Rapidement, ses traits formèrent peu à peu des formes colorées, révélant un grand arbre. Elle n'avait aucune idée de pourquoi elle peignait un arbre, c'était la première chose qui lui était venue à l'esprit. Un arbre, très grand. Tellement grand qu'elle décida de dessiner une petite silhouette à ses pieds, afin de donner un aperçu. L’Yggdrasil, sans doutes. Ou quelque chose du même genre. Elle commença à ajouter plus de couleurs, en faisant des traits secs, grands. Elle usait de son bras entier pour faire ses tracés, dans de grands mouvements, ce qui lui valut quelques éclaboussures. Elle n'avait peint qu'une pauvre feuille que ses bras, mains et joues avaient déjà des tâches apparentes. La propreté, c'était pas son truc.

Elle était déçue. Déçue de son oeuvre qui n'en était pas une. De son avis personnelle, c'était vide, plat, pauvre. Pauvre en expressions et en sentiments, pas en couleurs bien sûr. Frustrée d'avoir gâché sa matinée-alors qu'elle était, quelques heures plus tôt, persuadée que sa journée était impossible à ruiner-, elle constata qu'il était déjà midi. L'heure tournait tellement vite lorsqu'elle peignait. Elle avait faim mais, à cette heure-ci, il y aurait la queue à la cafet et la jeune fille n'était certainement pas intéressée à faire devoir attendre pour manger un plat peu ragoûtant. C'était les vacances, mieux valait en profiter. Sans prendre le temps de se laver où de changer sa salopette sale, elle sortit, afin de se rendre au meilleur endroit de ce pensionnat.

Le toit. C'était presque le paradis pour elle, il manquait simplement quelques chevalets, toiles et pots de peintures, et l'endroit était tout bonnement parfait. Mais l'administration n'avait pas voulu qu'elle s'installe un atelier ici, les rabats-joie. Enfin, elle ne l'aurait certainement pas fait ; la pluie et le vent auraient ravagés ses tableaux.

Elle avança calmement, dans un silence presque religieux, pour finalement regarder la vue depuis le toit, en se tenant à la barrière comme une prisonnière. Elle balayait du regard la vaste forêt qui se trouvait juste à côté de sa chambre, un avantage dont elle était ravie. Sans plus attendre, elle se détourna du bois pour aller se coucher à ce qui semblait presque le centre même des lieux, afin d'effectuer sa seconde activité favorite : regarder les nuages.

Généralement, elle les observait un à un afin de voir lequel avait la forme la plus amusante. Mais, le plus souvent, ce nuage en question changeait de d'apparence pour prendre celle de quelque chose bien plus ennuyeux. Alors, elle jetait son dévolu sur un autre, et ainsi de suite. Parfois, elle leur donnait des noms.

« Fait gaffe Crom, t'es en train de te faire rattraper par Svum. » murmura-t-elle à l'intention de l'un d'entre eux.

Oui, parfois elle les regardait faire la course. Et parfois elle leur parlait. Disons qu'elle avait du temps à perdre. Quoiqu'il en soit, voyant qu'elle commençait à perdre sa concentration en laissant ses yeux se noyer dans le bleu du ciel, elle décida que la contemplation suffisait pour aujourd'hui. Elle ferma les yeux, une bonne fois pour toute, coupée du monde. Elle ne dormait pas. Peut-être méditait-elle. Mais, dans tous les cas, et allez savoir comment, elle n'eut aucun mal à remarquer la présence d'une autre personne dans les parages, ignorant totalement depuis quand il ou elle pouvait bien être là...




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Kôdai Hayashi
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 1:33

Contemplation.

   
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Kôdai se redressa brusquement, tremblant de tous ses membres. Son visage était livide, on aurait dit qu'il venait de voir un fantôme. Quelle heure était-il ? Et combien de temps avait-il passer à dormir sous cet arbre ? Il pesta en se relevant, passant machinalement une main dans son dos pour décoller les feuilles qui s'accrochaient à son manteau. Contrairement à bon nombre de ses réveils, celui ci ne se poursuivit pas d'un aveuglement. En fait il faisait même plutôt sombre. Le jeune garçon prit plusieurs secondes avant de réaliser qu'il se trouvait dans la forêt qui longeait le pensionnat. Pensionnat Rayen...Il n'avait même pas encore fait le tour des lieu. A quoi bon ? Ce matin à peine arrivé, il avait lâché ses affaires dans sa chambre -la numéro six- et s'était enfuit de peur de croiser quelqu'un. C'était déjà trop pour lui, toute cette agitation, ces changements...Il avait toujours eu horreur de ça, ce qui expliquait probablement sa mauvaise humeur du jour. Il se renferma alors qu'une moue s'installait sur son visage pâle. Comment pourrait-il suivre les cours tous les jours, se lever le matin pour rentrer le soir. Et recommencer encore et encore. Tout ça était dépriment, et il avait beau chercher de toutes ses forces, la motivation des autres lui restait incompréhensible. Tant pis, ce n'était pas comme si ça avait vraiment de l'importance.

Il s'étira une dernière fois et commença à s'avancer vers les bâtiments d'un pas nonchalant. L'idée de rester cacher toute a vie dans la forêt était certes tentante, mais il commençait à avoir faim. Une des rares choses qu'il ne supportait pas, c'était certainement dû à son passé. Il secoua lentement la tête, ce n'était ni le lieu ni le moment pour y penser. Surtout qu'il commençait à apercevoir son dortoir entre les branches des arbres. Un frisson glacé le traversa quand des flashs de son cauchemar lui revinrent en mémoire. Des images noire, des médicaments et le ventre qui tiraille. Stop ! hurla sa conscience. L'ombre d'un sourire passa sur son visage, qui pourtant restait grave. Sa petite voix résonnait toujours dans sa tête, il était à la fois rassuré et contrarié. Elle est la seule à t'avoir suivie, alors détends toi.

Il hocha lentement la tête, rêveur, peinant un peu à pousser les portes. Elles étaient toujours coincées comme ça ? Elles cédèrent quand il s'aida de son épaules, laissant échapper un soupir de soulagement. Mais ça avait fait mal...Il ignora la douleur, cherchant du regard la chambre dans laquelle il s'était rendu plus tôt. Son corps était encore fragile, il devait se ménager s'il ne voulait pas passer les prochains jours allongé à l'infirmerie. Ce n'est pas comme si ce serait la première fois. Son regard s'arrêta sur un escalier qui devait probablement donner accès aux chambres du deuxième étage. Mais le blondinet avait un drôle de sentiment, et sa curiosité devint bientôt si forte qu'il fut obligé de céder, grimpant les marches deux à deux sans faire de bruit, comme un voleur.

En effet il atterrit dans un couloir quasi identique à celui d'en bas, ne retenant pas un grognement de déception. Il s'apprêtait à redescendre lorsqu'une nouvelle fois il vit un escalier. Il y avait combien d'étage dans ce fichu dortoir ? Poussé par l'ennui et de nouveau le curiosité, il monta, arrivant cette fois ci dans un lieu beaucoup plus intéressant. On avait accès au toit ! Un sourire de gamin s'ébaucha sur sa petite bouille émerveillée. C'était un endroit calme, sur lequel il pourrait observer le ciel ! En plus, qui appart lui était assez solitaire pour venir traîner ici ? Son sourire s'élargit, et il s'avança jusqu'à la petite barrière. La vu était incroyable, on pouvait voir jusqu'au delà de la forêt.

Le seul inconvénient, c'était que le vent soufflait fort sur les hauteurs, et que le blondinet était du genre frisquet. Il s'enveloppa de ses bras, tirant un peu sur son pull beaucoup trop grand pour lui. Il l'avait acheté car il y avait son âge sur l'étiquette. Et puis sinon, il était obligé d'aller au rayon enfant, et ça, c'était hors de question. Prenant garde de ne pas tomber, il jetai un coup d’œil en bas où un groupe de fille passaient en rigolant. Les questions ne cessaient de se bousculer dans sa petite tête. Est-ce que les gens d'ici sont comme partout ? Comme ceux de Los Angeles...Depuis qu'il était arrivé, pas un élève ne lui avait adressé la parole. C'était mieux comme ça. Il déglutit en se retournant, avec l'ambition de continuer sa sieste quelques part par terre.

Son cœur rata un battement alors que tous les muscles de son corps se crispaient. Il y avait quelqu'un, allongé juste là. C'était une fille, de taille moyenne, les cheveux bruns. Ça alors, elle lui avait fait peur...Il soupirait en secouant lentement la tête, fourrant ses mains dans ses poches par réflexe, comme pour les cacher. Elle était sacrément mal habillée, et crade de la tête aux pieds. Mais ce n'était pas de la saleté. Non, c'était de la couleur. De la peinture peut être. Il pencha la tête sur le côté en se rappelant que durant son rapide passage dans sa chambre, il avait faillit trébuché sur une grosse boîte de peinture. C'était peut être la sienne. Mais alors ça signifierait que cette fille était...sa colocataire. Ce n'était quand même pas la seul fille de cette école à peindre, si ?

Par réflexe il fit un pas en arrière. Il ne voulait pas lui parler. Discrètement, il se retourna et fila jusqu'à l'autre côté du toit, plus loin. Il n'y avait pas plus de dix mètres entre eux, mais c'était toujours ça, et il la voulait vraiment, sa sieste sur le toit. Le plus silencieux possible, il s'allongea et ferma les yeux. L'air était si agréable que rapidement, il avait oublié la présence de la fille, et se sentait aller dans un sommeil léger, agité de mauvais rêves...
   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Lun 11 Aoû - 14:29, édité 1 fois
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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 14:25





Les yeux clos, sans un mot, elle se laissait bercer par la fraîcheur du vent qui frôlait sa peau. Son esprit vagabondait en toute légèreté vers des idées saugrenues, des paysages fantastiques, des personnages amusants. Elle se sentait presque flotter, malgré le fait qu'être couchée sur le béton était terriblement inconfortable et qu'elle sentait des cailloux lui rentrer dans le dos. Oui, malgré tout ça, elle était bien. Loin. Seule.

Ou presque. Ouvrant doucement les yeux, elle se souvint avoir sentit une personne non-loin, quelques minutes plus tôt. Son sixième sens pour repérer les gens, disait-elle, même si la réalité s'avérait plutôt qu'elle avait clairement pu entendre ses pas de là où elle était. Ainsi, elle leva légèrement la tête pour chercher du regard l'individu. Elle eut un peu de mal à l'apercevoir de suite, il s'était visiblement couché au sol, comme elle. À seulement dix mètres de l'endroit où elle se trouvait, un jeune garçon d'environ son âge semblait dormir. Du moins pas vraiment. Elle doutait qu'il ait pu s'assoupir aussi vite. Ainsi, elle se redressa pour s'asseoir en tailleur et se tourna dans sa direction, le dos légèrement voûté, ses bras accoudé contre ses jambes. Ses deux pupilles marrons étaient dirigées vers lui et le fixaient intensément, scrutant chaque détail de son corps. L'observation constante.

Il avait, pour commencer, des cheveux très blonds. Sur le coup, elle aurait presque pu croire qu'ils étaient décolorés, mais considéra plutôt que c'était naturel. Il ne semblait pas très grand, comme elle, ce qui la rassura un peu. Son pull trop large ajoutait d'ailleurs un côté minuscule à son corps, mais, au moins, elle constatait en retroussant ses manches ballantes qu'elle n'était pas la seule à mettre des vêtements trop grands. Elle remarqua alors à qu'elle point il était pâle, un pâle maladif. Peut-être qu'il était venu là pour se détendre parce qu'il ne se sentait pas bien. Ou peut-être était-ce un fantôme qui hantait le toit depuis qu'il en était tombé lorsqu'il était un étudiant à Rayen. À moins que quelqu'un ne l'y ai poussé et qu'il avait oublié tout ce qui lui était arrivé, alors il errait là, sans but. Ou alors il souhaitait se venger. Alyss regardait vraiment beaucoup trop de films.

Elle commençait à se demander si sa main pouvait passer au travers de son corps si elle tentait de le toucher. Bon, elle n'irait pas essayer, car s'il s'avérait que c'était un fantôme, il pourrait prendre ça pour un affront et la hanter jusqu'à la fin de ses jours. Et, si c'était un élève humain tout à fait banal, il la prendrait pour une dingue qui adorait toucher les autres. Alors elle restait là, à le fixer sans rien dire, pour le moment. De temps à autre, elle avançait un petit peu pour mieux voir. À vrai dire, elle avait dû avancer de deux bons mètres depuis qu'elle avait ouvert les yeux.

« Tu dors ? » lâcha-t-elle alors à l'attente d'une réponse. Réponse positive ou négative, peu importait puisque, dans les deux cas, on ne pouvait pas répondre en dormant.

Elle leva le menton vers le ciel pour constater que de nouveaux nuages s'étaient invités au dessus d'eux. Plus gros, moins blancs. Peut-être qu'il pleuvrait. Ça ne l'empêcherait pas de rester, elle aimait bien la pluie. Elle décida de prendre le même sens que celui du garçon et de se coucher à nouveau en déclarant tout bas :

« Tu devrais plutôt lever les yeux vers le ciel. C'est plus intéressant. »

Elle regardait les nouveaux nuages passer en observant leurs formes, leurs mouvements. Durant son enfance, elle se souvenait clairement la façon dont elle dessinait constamment des nuages sur chacune des feuilles qu'on pouvait lui donner. Aujourd'hui, elle refusait d'en peindre. Aucune de ses peintures ne représentaient le moindre nuage. Techniquement, elle savait les peindre, seulement, elle ne pouvait plus s'y résoudre. Elle leva finalement son bras en pointant du doigt un cumulus pour ajouter d'une voix douce :

« Tiens, lui, là, tu n'as qu'à lui trouver un nom. Mais dépêche-toi car il va bientôt repartir. Il est en train de doubler Silver. »

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Kôdai Hayashi
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 15:05

Contemplation.

   
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Les yeux clos, il se laissait bercer par le vent dans ses oreilles. L'air, froid jusqu'à présent, devenait comme plus agréable. Ou alors il était déjà frigorifié et il ne le sentait plus. Il ne dormait pas complètement, mais était bien déconnecté de la réalité. Oui, il comatait. Un nuage couvrit soudain le soleil, et la véritable température se fit rapidement ressentir. Un frisson le secoua, mais il luttait pour ne pas ouvrir les yeux. Il avait besoin de dormir, au moins pour se vider la tête. Ça pouvait paraître étrange, mais il arrivait parfois à complètement se défaire de toute pensé, rejetant ses problèmes et ses angoisses. Il avait d'ailleurs totalement oublié la jeune fille qui semblait être restée étendue de son côté. Il déglutit, le sommeil le gagnait enfin.

-Tu dors ?

Le jeune garçon eut l'impression de recevoir une pierre sur le crâne, et encore une fois, se concentra de toutes ses forces pour garder les yeux clos. Si elle pensait qu'il dormait, elle s'en irait forcément. C'était quoi son problème, elle ne le connaissait même pas. Son ventre se serra, mais il travaillait sa respiration. Lente et régulière, comme quelqu'un qui dort. C'était dans ce genre de moment qu'il pouvait se venter de ses talents à la comédie. D'ailleurs faire du théâtre aurait été amusant. Enfin si il avait eu le cran de s'inscrire dans un club, ça aurait été celui d'art. De toute façon ça ne changeait rien, toutes ces choses, il pouvait les pratiquer seul. De nouveau la voix de la fillette lui brisa les oreilles.

-Tu devrais plutôt lever les yeux vers le ciel. C'est plus intéressant.

Cette fois, Kôdai se dit que soit elle était stupide, soit elle voulait vraiment le réveiller. De quoi parlait-elle ? Des nuages ? Depuis le temps, il avait commencer à croire qu'il était le seul sur cette terre à s'y intéresser. Peut-être qu'elle se moquait juste de lui. Il poussa un léger grognement et se tourna sur le côté comme pour l'ignorer. Mais maintenant qu'elle était si prêt de lui, il lui serait difficile de trouver le sommeil. Tss, dire qu'il y était presque arrivé.

-Tiens, lui, là, tu n'as qu'à lui trouver un nom. Mais dépêche-toi car il va bientôt repartir. Il est en train de doubler Silver..

Finalement, le blondinet se résigna en se disant que, non seulement elle était stupide, mais en plus elle avait bien l'intention de le tirer de sa sieste improvisée. Alors elle parlait réellement des nuages. Pour lui, ce ne restait que de gros amas de vapeur qui flottent continuellement au dessus de sa tête. Alors de là à leur donner un nom...Peut être qu'au fond il les enviait, mais il ne l'aurait jamais admis. L'idée de n'être qu'un truc blanc au milieu de tant d'autre. Quelques chose dont personne ne se souci réellement. C'était déjà ce qu'il était, de toute façon. Après quelques secondes à se tordre l'esprit, Kôdai ouvrit lentement les yeux. Sa gorge s’assécha un nouvelle fois. Elle était couchée, à moins d'un mètre de lui, ses yeux bruns fixant le ciel, comme si elle était fasciné. Il s'était tourné vers elle sans même le savoir ! A la fois gêné et irrité, il inspira brusquement et se redressa d'un coup, passant une main dans sa chevelure comme à chaque fois qu'il avait honte. Ils étaient doux et froid.

Il ne comprenait pas. Pourquoi venait-elle s'allonger là alors qu'il l'avait royalement ignoré ? Allait-elle lui faire du mal ? Le frapper ? Il secoua lentement la tête. Il n'était plus en Amérique, tout ça était terminé. Mais les vielles habitudes sont dures à perdre. Le vent s'était fait plus fort, son pull n'était pas assez chaud. Il se frictionna avec ses mains, tremblants de partout. Les températures n'étaient décidément pas les mêmes que là bas. Il afficha une moue boudeuse, et se décida à enfin poser les yeux sur la fille aux nuages.

-Oui, je dormais. déclara-t-il froidement.
   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Lun 11 Aoû - 16:58, édité 1 fois
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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 16:20




« Oui, je dormais. »

D'une voix froide, il s'était finalement décidé à briser le silence à son tour. Au visage qu'il affichait, il ne semblait pas ravi par le fait qu'elle l'ait réveillé. Alyss détacha son regard des nuages pour tourner la tête vers lui et voir d'un peu plus près son visage et, surtout, ses yeux. Il avait la chance d'avoir deux magnifiques iris bleues, un bleu profond, comme le ciel. Elle prétendait toujours adorer les grands yeux verts mais, à vrai dire, elle aimait tout autant les yeux bleus. Disons juste qu'il était plus simple pour elle de faire croire qu'elle avait des yeux d'une couleur proche de la végétation que proche de la mer.

« Ah. » répondit-elle simplement, d'un ton presque navré.

Le visage du garçon était fin, presque maigre. Il avait vraiment l'air malade, s'en était très inquiétant. Mais à vrai dire, la jeune fille ne pouvait pas se vanter d'être mieux présentable avec sa peau et ses vêtements pleins de peintures et ses cheveux décoiffés. Côte à côte, ils devaient être drôles à voir avec leurs physiques assez atypiques. Terminant son inspection, elle arrêta de fixer son voisin pour, de nouveau, laisser vagabonder ses yeux vers les cumulus.

« Si tu voulais dormir, il fallait aller dans ta chambre, n'importe quel lit serait plus confortable que ce toit. » finit-elle simplement par enchaîner.

Elle marqua une pause légère en voyant un nuage à la forme très particulière passer, puis repartir. Elle continua donc :

« Après, si tu préfères dormir dehors, y'a la forêt qui est plutôt cool. J'ai fais la meilleure sieste de ma vie, là-bas. »

La forêt... Son deuxième endroit favori après le toit. La nature, les arbres, les rayons du soleil filtrés à travers les feuilles. Une fois, elle avait perdu son chemin, elle n'avait pas un sens de l'orientation très aiguë. C'est en voulant retourner à son dortoir qu'elle était tombée sur une sorte de plaine derrière la forêt, recouverte de fleurs sauvages. Elle s'y était installée pour dessiner, puis était repartie en suivant un sentier au hasard. Au final, elle avait réussit à retourner au pensionnat, mais, depuis, elle n'a plus jamais réussi à retourner dans cette clairière. Très frustrant.

Pour le moment, elle cherchait à combler un peu le silence, pesant et assez désagréable. Son interlocuteur ne semblait pas spécialement méchant à vrai dire, peut-être était-il juste quelqu'un de solitaire et réservé, ce qui lui donnait ce petit côté farouche. Elle était cependant bien décidée à discuter un peu avec lui. Au fond, c'était probablement quelqu'un de bien.

« Je suppose que tu viens de découvrir l'endroit, c'est la première fois que je te vois. Je viens souvent ici toute seule, pour regarder les nuages. »

C'est vrai qu'elle n'avait pas grand monde à qui proposer de venir ici, pour ne pas dire personne. D'un part, parce qu'elle n'avait pas d'amis. Elle n'avait aucun mal à se l'admettre, c'était une situation à laquelle elle s'était clairement habituée, bien qu'elle espérait pouvoir la changer rapidement. D'autre part, parce que rares étaient les gens qui trouvaient l'idée de regarder les nuages pendant des heures intéressante, ce dont Alyss avait beaucoup de mal à comprendre. Il n'y avait rien de mieux que de regarder les nuages. Vraiment rien.

« Ça ne me fait rien d'être seul, mais je dois dire que je trouve ça bien que tu sois là, même si on ne se connait pas. » finit-elle par murmurer avec un pauvre sourire. « C'est tout de même mieux d'être seul à deux. »


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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 18:20

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Il n'aimait que très peu la façon dont la jeune fille le scrutait. Ses yeux étaient d'un marron profond, Kôdai aurait aimé en avoir des semblable. Rien que pour compenser de son teint pâle. Là, entre ses cheveux presque blanc, son visage livide et ses yeux en lunes, il ne se trouvait vraiment pas attirant. Sans parler de sa maigreur affolante. Une lueur de tristesse traversa rapidement son regard. Il se sentait seul, vraiment seul. Mais c'était une condition qu'il avait accepter depuis longtemps. La solitude contre la souffrance, il l'avait signé au moment où il avait emménager ici. Son cœur se serra alors quand elle lui répondit simplement.

-Ah.

Il détourna le regard, aussi peu intéressé que le paraissait la fille aux nuages. Mais son champ de vision était assez large pour voir qu'elle continuait à l’observer malgré tout. Que pouvait-elle bien lui trouver ? Étrangement, la dégaine de celle-ci rassurait Kôdai. Ça sautait au yeux, qu'elle n'était pas comme ces filles aux hauts talons qui vous lancent des regards de travers, comme si cela pouvait les rendre on peut plus intéressantes. Peut être qu'elle était gentille, mais il se pourrait surement jamais le confirmer.

-Si tu voulais dormir, il fallait aller dans ta chambre, n'importe quel lit serait plus confortable que ce toit. Après, si tu préfères dormir dehors, y'a la forêt qui est plutôt cool. J'ai fais la meilleure sieste de ma vie, là-bas.

Ah, pensa-t-il simplement. C'était une réaction logique venant d'une fille normale. Mais s'il était resté dans sa chambre, il aurait forcément été dérangé à un moment. C'était certes aussi le cas ici, mais suivant son raisonnement, il y avait eu moins de chance. Son regard bleuté repartit  discrètement scruter la jeune fille, qui s'était déjà replongée dans sa rêverie. Les gens sont bien étranges...Mais il n'avait de leçon à donner à personne là dessus. La peinture dans ses cheveux avait séché, elle allait s'amuser une fois sous la douche pour tout décoller. Kôdai tourna brusquement la tête, les joues écarlates. Non, il ne venait pas de l'imaginer sous la douche. Non ! Sa voix le fit sursauter.

-Je suppose que tu viens de découvrir l'endroit, c'est la première fois que je te vois. Je viens souvent ici toute seule, pour regarder les nuages.

Oui, murmura-t-il comme si ça le laissait indifférent qu'elle entende sa réponse ou non. Elle avait dit qu'elle venait toute seule. Elle aussi était solitaire ? Non, sinon elle ne serait pas là à lui casser les oreilles. Ou bien...elle n'avait pas d'amis. Le savoir ne lui faisait ni chaud ni froid. Qu'il soit seul à être seul, qu'est ce que ça pouvait bien changer ? Il leva les yeux vers le ciel maintenant bien couvert. Les nuages s'étaient teint d'un gris foncé, on pouvait sentir l'humidité dans l'air. Il aimait la pluie, enfin un peu. Il n'était même plus sûr d'aimer encore ce qu'il aimait avant. Vivre les choses, sans question ni plus, ça lui convenait.

Ça ne me fait rien d'être seul, mais je dois dire que je trouve ça bien que tu sois là, même si on ne se connait pas. C'est tout de même mieux d'être seul à deux.

Il ferma brièvement les yeux. Cette fille respirait la gentillesse et pourtant...pourtant il se sentait si mal à l'aise qu'il aurait voulu partir, en la laissant toute seule ici. Ça n'avait jamais été un problème pour lui, et de plus en plus l'envie de retourner dormir de l'autre côté du toit le tiraillait. Il inspira un grand coup et se leva, lentement à cause des douleurs qui le narguaient dans ses membres trop fins.

-Moi, je préfère être seul tout seul.

C'était méchant, et il le savait. Haussant les épaules, il fit deux pas devant lui et s'appuya sur la barrière grisâtre affreusement froide. Il cacha ses mains dans ses manches, son regard vagabondant sur la grande court juste en bas de l'immeuble. Mais il n'y avait personne. Il ne pouvait s'enfuir nulle part par ici. Il se serait simplement renfermé dans son monde, boucher ses oreilles et regarder les gens tant qu'il y en avait. Une goutte tomba sur son front, puis une autre, et il leva lentement le nez vert le ciel bouché. En quelques secondes, la pluie devint diluvienne, s’abattant sur lui comme un châtiment divin. Il n'avait probablement jamais cru en dieu, ou plus depuis longtemps. Il était là pour les faibles, ceux qui n'ont plus rien en quoi croire dans leur misérable vie. Ça ne marcherait pas pour lui. Lentement, il se retourna. La fille était encore là.

-Tu devrais rentrer. Tu vas attraper froid.

Il se moquait bien qu'elle soit malade ou non. Et sans vraiment savoir pourquoi, on pouvait le sentir dans sa voix. Ça ressemblait plus à quelques chose comme, va-t-en, tu me gênes. Il passa une main dans ses cheveux trempés. Lui il s'en fichait d'être malade. Si la maladie pouvait l'emporter après tout ce temps, qu'elle le fasse. Plus rien ni personne ne le retenait, après tout...

   


   


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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 19:06




« Moi, je préfère être seul tout seul. »

Ça avait le mérite d'être clair, mais la jeune fille ne s'en offusqua pas le moins du monde. Elle s'en doutait presque à vrai dire, son attitude dégageait un aura de solitude tellement puissant. Ses yeux même le criaient presque. Et pourtant, elle était étonnée qu'il soit là. S'il aimait être tout seule, pourquoi n'était-il pas déjà parti ? Elle n'osa pas vraiment poser cette question à voix haute, de peur qu'il s'enfuit.

Elle l'observa se lever avec difficultés. Ce corps gringalet semblait lourd à porter pour lui, il n'avait l'air d'avoir aucun muscle, pire, aucune graisse. Juste des os et de la peau. La jeune fille eut un peu de peine pour lui, si ça se trouve, elle pesait son poids. Et autant vous dire qu'elle n'était pas lourde.

C'est alors que qu'elle sentit quelque chose de mouillé atterrir sur sa joue. Puis sur son nez. Et enfin, tout autour d'elle et sur ses vêtements. De plus en plus nombreuses, des gouttes tombant du ciel s'échouaient sur sa peau, ses habits et le béton du toit qui virait vers une teinte plus foncée. Une pluie tiède, une pluie d'été, comme elle les aimait. Usant de tous ses sens, elle prit une grande inspiration, humant l'odeur que formaient la pluie et le béton encore chaud. Pour beaucoup de gens, c'était une odeur très désagréable. Mais, pour elle, c'était quelque chose d'irremplaçable. Les nuages, précédemment blancs, avaient virés vers des teintes grisâtres, sombres et assez tristes. L'eau tombaient, de plus en plus forte, frappant le paysage avec fracas en formant une mélodie. Il ne fallut pas longtemps pour que la peau, les cheveux et les vêtements d'Alyss soient trempés, humidifiant les tâches de peintures qui ne faisaient que s'étaler un peu plus sur elle. Sans se lever, elle tendit les bras vers le haut, comme s'ils pouvaient atteindre le ciel. La pluie vue d'en bas était tellement belle.

« Tu devrais rentrer. Tu vas attraper froid. »

La voix du garçon la ramena peu à peu sur terre. Il était vrai qu'elle ne sortait jamais en bonne santé de ses escapades sous la pluie. Mais ça l'importait peu, elle répondit donc d'un ton doux, bien différent de celui qu'il avait employé :

« C'est un mal pour un bien. »

Elle se redressa finalement, le dos légèrement endolorie après être restée aussi longtemps sur le sol dur. Elle frotta brièvement une de ses joues, ce qui ne résultat que par l'étalement d'une tâche de peinture de couleur bleue qui la décorait. Tentant d'organiser un minimum ses cheveux mouillés et collants, elle déclara :

« J'adore la pluie. Pour moi, c'est comme peindre, ou dessiner. Ça me donne l'impression d'être un peu plus vivante. Connectée. »

Ces mots sortirent de sa bouche pour planer au dessus d'eux. Parfois, la jeune fille ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'elle disait, c'était presque naturelle pour elle d'annoncer des choses ainsi. D'un point de vue extérieur, on aurait pu croire qu'elle s'ouvrait à un parfait inconnu, un inconnu pas très aimable qui plus est et qui s'en fichait peut-être royalement. Comme la plupart du temps, l'inconnu allait se dire qu'Alyss était une fille bien trop étrange, l'envoyer balader et partir pour ne plus jamais la revoir. C'était un scénario qu'elle connaissait bien. Alors, s'ouvrir ne serait-ce qu'un peu à quelqu'un dont elle ignorait même le nom ne lui dérangeait pas plus que ça, il en résultait toujours de la même fin. Pas de Happy End, mais une fin qui convenait à la brune. Une question d'habitude, sans doutes.

« Les bordures disparaissent, j'aime ça. C'est comme si le monde était différent, un peu flou. » conclut-elle d'une voix douce.

Elle finit par se relever, les vêtements et cheveux collants à la peau, poisseux. Un état qui ne la dérangeait pas vraiment, en fait. Elle leva les yeux vers le garçon et lui lança un regard perplexe, laissant échapper un petit "mince" entre ses lèvres. Sans expliquer pourquoi, elle s'approcha de lui d'un pas plutôt rapide et laissa un demi-mètre de distance entre leurs deux corps. Elle dû lever légèrement la tête pour lui dire avec une mine un peu boudeuse :

« T'es plus grand que je le croyais... »



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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 20:40

Contemplation.

   
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Elle répondit sur un ton qui restait aimable.

-C'est un mal pour un bien.

Kôdai détourna la tête, une moue boudeuse s'installant peu à peu sur son visage. Son sous-entendu n'était décidément pas assez clair, ou alors la demoiselle était bien têtue et décidée à rester là jusqu'au bout. Était on en train de jouer au premier qui en aurait marre de l'autre ? Il n'avait certainement pas l'intention d'attendre jusque là. La pluie s'intensifia encore d'avantage, si bien qu'il dû se passer une main sur les yeux pour parvenir à distinguer quelque chose devant lui. Elle s'était finalement redressée, et il ne savait pas si c'était pour le regarder ou simplement car elle en avait assez d'être couchée. Il pencha pour la deuxième option tendis qu'elle s'affairait à tripoter ses cheveux. La peinture s'était étalée, si bien qu'elle semblait encore plus sale qu'avant. Ça l'amusait un peu, mais pas moyen d'afficher le moindre sourire.

-J'adore la pluie. Pour moi, c'est comme peindre, ou dessiner. Ça me donne l'impression d'être un peu plus vivante. Connectée.

Il hocha lentement la tête, comme s'il ignorait jusqu'ici qu'elle aimait la peinture. Il fallait être aveugle pour ne pas l'avoir remarqué, mais c'était vrai que Kôdai n'avait pas fait de véritable lien en ça et les taches qui la recouvraient de la tête aux pieds. Lui aussi aimait l'art. Mais plus le dessin, pas la peinture. Il n'était d'ailleurs pas mauvais du tout. Mais hors de question d'en parler, il ne voulait prendre le risque qu'elle le pousse à s'inscrire dans un club. Enfin si cette fille était réellement sa colocataire, elle allait bien à un moment ou à un autre tomber sur son carnet de dessin. Jusque là il s'efforcerait de le cacher, et puis c'était un droit qu'il avait de ne pas vouloir en parler. Qui s'y intéresserait d'abord ? Il aimait dessiner les animaux. Surtout les lapins, allez savoir pourquoi. Il les trouvait juste adorables, alors leur petite queue touffue. Encore quelque chose qu'il n’avouerait jamais, se l'admettre à lui même était déjà assez difficile.

-Les bordures disparaissent, j'aime ça. C'est comme si le monde était différent, un peu flou.

Il ne comprenait pas exactement sa vision des choses, mais ça restait subjectif. Elle semblait voir les choses de leur plus beau côté, comme si une herbe était une extension poétique de la terre. Pour lui cela restait une herbe, comme la pluie restait de l'eau. Il passa une main sur sa nuque, constatant que sa voix se faisait déjà un peu moins cassante. L'habitude était déjà prise, sans doute. Il fronça les sourcils en la voyant se lever maladroitement. Enfin elle allait s'en aller. Elle l'avait supporté quelques minutes, c'était un record. Il retint son souffle, attendant qu'elle quitte enfin les lieu. Mais elle restait là, posant sur lui un regard perplexe, presque déçu. Qu'est ce qu'il avait encore fait. Son cœur s'affola lorsqu'elle s'avança d'un pas rapide. Il voulu reculer instinctivement, mais le fer froid de la barrière vint lui mordre le dos. Il se contenta de la serrer fort entre ses doigts, comme si ça pouvait le rassurer. Pourtant il n'aimait pas garder ses mains hors de ses poches. Ses doigts étaient affreux, longs et maigres, avec les ongles sales rongés jusqu'au sang.

Le blondinet lâcha un soupire de soulagement quand elle s'arrêta, la distance qui les séparait restait respectable. Mais déjà son visage était redevenu grave.

-T'es plus grand que je le croyais...  

Il pencha la tête sur son épaule en sentant ses pupilles se dilater. Lors des temps pluvieux comme celui-ci, ses yeux clairs n'étaient plus agressés par la lumière et pouvaient s'ouvrir complètement. C'était agréable, quoi que quelque peu flippant. Il ne savait si c'était un reproche, mais se contenta d'hausser très lentement les épaules, comme rêveur. Elle non plus n'était pas grande, voir petite. Mais c'était encore un détail qui le laissait complètement indifférent. Il avait beau se concentrer, impossible d'arriver à savoir à quoi elle était en train de penser. Son visage était impassible, ce qui le déstabilisait un peu. D'ailleurs, il ne connaissait même pas son nom. Avait-il seulement envie de le connaître. Surement...C'était comme ça que ça commençait. Rien n'allait commencer, non rien du tout.

-Tu es dans la chambre numéro six, souffla-t-il d'une voix à peine audible, sans même trop savoir si c'était une question où un affirmation.

Il n'arrivait pas à la lâcher des yeux, comme s'il avait peur qu'elle profite d'un moment d'inattention de sa part pour s'approcher encore. Tous ses muscles étaient déjà tendus à se rompre, et ses mains toujours serrées sur le fer glacé. Ses deux lunes la scrutaient en silence, chaque détail de son visage, de son corps qui flottait dans ses habits un peu trop larges. Son souffle devenait de plus en plus saccadé, comme si l'air lui manquait. Il allait falloir qu'elle brise vite le silence...


   


   


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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 21:33



« Tu es dans la chambre numéro six. »

Elle cligna des yeux un instant, laissant le temps à son cerveau de filtrer l'information. Comment il savait ça lui ? Peut-être était-il un de ses colocataires. À vrai dire, elle n'avait aucune idée de comment ils s'appelaient et, par dessus le marché, à quoi ils pouvaient bien ressembler. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de les croiser, à croire qu'ils l'évitaient. Ou alors, c'était un stalker qui l'espionnait secrètement. Pour le coup, une lueur de surprise mêlée à du dégoût passa sur son visage, et disparut aussitôt. Vu comment il était avec elle, c'est-à-dire fuyant et peu bavard, c'était grandement impossible. Donc, il devait être medium, ce dont Alyss était assez impressionnée. Elle n'avait jamais rencontré de medium auparavant. Ses yeux bruns brillants s'ouvrirent un peu plus pour laisser apparaître de l'admiration, et elle déclara d'un ton léger :

« Pourquoi ne pas me dire quelque chose que je ne sais pas déjà ? »

Une invitation à, peut-être, lui parler un peu de lui, en quelques sortes. Elle était assez curieuse à son sujet, mais évitait de poser trop de questions. Elle n'était pas sûre qu'il apprécie ce genre de comportements et, voyant à quel point il adorait parler, elle préférait éviter qu'il ne se renferme un peu plus. Mieux valait laisser faire les choses, que les paroles coulent naturellement. Après tout, rien ne pressait. Avant toute chose, elle souhaitait tout de même connaître son nom.

La jeune fille se détourna de son interlocuteur pour plutôt se placer à ses côtés, quelques dizaines de centimètres plus loin, face à la grille. La vue du paysage se faisant inonder par cette pluie torrentielle, il n'y avait vraiment qu'une personne comme elle pour apprécier ça. Le silence recommençait à prendre place entre eux, mais Alyss le trouvait, cette fois-ci, moins pesant. Juste paisible. Elle ignorait si c'était le cas du garçon à ses côtés, il paraissait constamment tendu, c'était tellement étrange. Peut-être que c'était à cause d'elle. Elle en culpabiliserait presque, mais songea que c'était probablement autre chose. Probablement.

Bizarrement, son nez commençait à lui piquer. Elle commença à l'agiter, la forçant à faire une tête peu élégante, jusqu'à ce qu'elle se crispe soudainement pour finalement lâcher un petit bruit :

« Atchoum ! »

Elle se frotta le nez avec une mine un peu confuse, le regard vague, et maudissant intérieurement son corps de lui avoir fait faire un son aussi ridicule. Un éternuement de fillette, semblable à celui d'un chaton, petit, aiguë. Elle n'aimait pas éternuer. Elle murmura cependant, d'une voix presque inaudible :

« Ah, quelqu'un pense à moi... »

Une petite légende urbaine idiote, comme quoi lorsqu'on éternuait cela signifiait que quelqu'un pensait à nous. Et pourtant, la jeune fille s'y plaisait à y croire, comme si c'était un honneur qu'on puisse penser à elle.


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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 22:17

Contemplation.

   
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La jeune artiste sembla un moment déstabilisée par sa question. Elle battit plusieurs fois des paupières, confuse. L'avait-il interpellé à ce point ?

-Pourquoi ne pas me dire quelque chose que je ne sais pas déjà ? fini-t-elle par lâcher, souriante.

Il ne comprit pas immédiatement, une ligne de frustration se dessinant peu à peu sur son front. C'était donc bien sa colocataire. Il ne savait pas s'il était déçu, ou rassuré. Il les aurait bien rencontré à un moment ou à un autre, alors savoir que c'était cette fille n'était pas plus mal. Disons que ça aurait plus être pire. Ils étaient obligés de parler un peu plus fort à cause du vacarme que faisait la pluie, mais Kôdai n'y changeait rien. C'était une mauvaise habitude qu'il avait prit à force d'être seul, de ne faire aucun effort pour se faire comprendre. Les autres s'énervaient d'ailleurs souvent à cause de ça, raison de plus pour rester seul. Depuis combien de temps n'avait-il pas converser réellement avec quelqu'un, en y repensant ?

Ses épaules se détendirent quand elle se détourna enfin, et il soupira, comme quelqu'un à qui on venait d'enlever un collier trop serré. Ce fut de très courte durée, car à peine avait-il inspiré que la fillette s'approcha de nouveau. Un peu plus près. Encore plus près. Beaucoup trop près. Il se tendit, de nouveau écrasé sur la barrière qui ne faisait que le tremper encore plus. Détend toi, détend toi, ne cessait de lui répéter la petite voix au fond de lui. Mais c'était beaucoup plus difficile que ça en avait l'air. Il y avait quoi, dix centimètre qui les séparait, à tout casser. Pourquoi ce besoin de s'approcher de la sorte ? Il était toujours en apnée.

-Atchoum !

Le petit bruit strident et aigu le fit sursauté, si bien qu'il baissa la tête, confus et espérant qu'elle n'ait rien remarqué. Tout ça devenait tellement absurde. Il ne comprenait pas lui même pourquoi il était encore ici. Dans tous les cas, il avait raison, elle était bel et bien en train de s'enrhumer. Il ferma un instant les yeux, essayant de toutes ses forces de s'imaginer ailleurs, loin de tout, loin d'elle. Pourquoi s'infligeait-il une telle torture ? Jusqu'ici il n'avait jamais eu crainte de blesser personne.

-Ah, quelqu'un pense à moi...

Hein ? Le blondinet leva les yeux aux ciel, sans prendre la peine de relever la tête. Il commençait à se sentir mal, et le premier réflexe qu'il eu fut de lever lentement sa main droite pour s'attaquer à ses ongles. Il tenta d'en mordiller un, un peu trop fort, et déjà beaucoup trop court. Rha, ils ne repoussaient décidément pas assez vite. Prit de court, il se reporta sur sa peau, arrachant petit bout par petit bout jusqu'à ce que du sang recouvre celui ci. Il l'examina, le regard vide. Impossible de savoir si c'était la pluie ou des larmes qu'il avait aux coin des yeux. Il jura à mi voix, suçant son pouce par réflexe pour arrêter le saignement.

Le silence devenait de plus en plus pesant pour le jeune garçon, qui se mordait les doigts de plus en plus fort. Il était tellement tendu que s'en était maladif, si bien que quand il retira enfin ses doigts de sa bouche, ils étaient recouverts d'un rouges intense. Il plissa les yeux, comme s'il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Il lui fallut quelques secondes pour réagir.

-Mince...murmura-t-il, ce qui ressemblait plus à un gémissement plaintif.

   


   


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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Lun 11 Aoû - 23:38



Alyss observa avec amusement les élèves qui rentraient de la plage pour se rendre vers leurs dortoirs en courant, ou encore ceux qui revenaient de la ville avec des poches d'achats trempées. Ils avaient été surpris par l'averse, comme elle, comme eux. Quoique pour elle, ça avait été une surprise agréable, contrairement aux autres. Malgré le fait qu'elle avait les cheveux trempés et les vêtements qui lui collaient, elle aimerait toujours la pluie, jusqu'à la fin de ses jours. Elle serait même heureuse qu'il pleuve le jour de sa mort. Enfin, elle n'en était pas encore à là.

Elle tourna alors les yeux vers le garçon à ses côtés et put constater avec effroi qu'il se rongeait ardemment les ongles. Décidément, elle n'avait pas réalisé à quel point il était tendu. Elle avait un peu sentit, certes, mais pas d'une telle ampleur. Immédiatement, elle lâcha d'un ton assez sévère, comme pour le réprimander :

« Tu ne devrais pas te ronger les ongles comme ça. À force tu vas... »

Trop lentement pour lui, malheureusement.

« ...Saigner. » termina-t-elle envoyant les doigts du garçon s'imbiber du liquide écarlate.

Elle poussa un long soupir. Très long. Elle n'avait jamais vu quelqu'un comme lui, ça non. Il continua cependant à se mordre les doigts, de plus en plus, n'arrangeant en rien ses saignements. La jeune fille voulu l'en empêcher en lui soufflant des "Allez, arrête." et autres "Ça suffit, non ?", mais il ne semblait pas vraiment l'entendre. Soit il faisait la sourde oreille, soit il était ailleurs, soit la pluie couvrait ses mots.

« Mince... »

Voyant son air un peu perdu, elle devina rapidement que c'était plutôt la deuxième hypothèse. Ses doigts étaient rouges, comme la peinture qu'utilisait Alyss lorsqu'elle peignait des scènes avec du sang. Sauf que là, c'était du vrai sang. Aussitôt inquiétée, elle fouilla dans une des poches de sa salopette, pour tomber finalement sur ce qu'elle cherchait. Un mouchoir en tissu, propre, blanc, sans aucune tâche, contrastant totalement avec l'aspect sale de son propriétaire. Elle le laissa tomber sur les mains du garçon en évitant soigneusement le moindre contact. Elle n'aimait pas trop toucher les gens blessés.

« T'es du genre gros stressé toi. J'avais déjà remarqué que tu semblais tendu, mais à ce point. Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Elle s'éloigna un petit peu, ne souhaitant pas spécialement voir ses séquelles de plus prêt. Non pas que ça la dégoûtait ou qu'elle avait une quelconque phobie du sang, non. Elle était même capable d'observer l'intégralité d'une opération chirurgicale qui nécessitait à ce qu'on ouvre le ventre de quelqu'un pour en sortir les boyaux. Mais de loin. Et dans une autre pièce, avec une vitre.

Elle prit un air sérieux, en pleine réflexion. Elle n'avait pas vraiment d'idée sur ce qui pouvait autant perturber le garçon. La pluie ? Non, c'était absurde. Si c'était le cas, il serait partit depuis longtemps, où se serait abrité. Sa présence ? Peut-être. Il y avait des garçons qui avaient peur des filles. Mais, là aussi, il se serait sûrement enfuit depuis longtemps. Sans faire de conclusion trop hâtives, elle réfléchit à une autre possibilité.

« T'as pas le vertige au moins ? »

C'était quand même peu probable, un gars qui se rendait sur le toit alors qu'il avait le vertige, à moins d'être en quête d'une guérison de sa peur. Mais bon, vu comme il avait tendance à regarder dans le vide, c'était assez impossible. Elle sembla réfléchir un peu plus intensément, pour finalement reporter son attention vers la main du garçon.

« Tu devrais peut-être aller à l'infirmerie, pour mettre de l'alcool. Si ça s'infecte, tu peux perdre tes doigts. »

Elle tirait cette information saugrenue d'un film western qu'elle avait vu. Un gars avait eu une méchante infection au niveau de ses mains et avait fini par se faire couper la plupart de ses doigts. Un moment pas joyeux qui avait horrifié la jeune fille.

« Ce doit être horrible. Je veux dire, de perdre ses doigts... »

Elle plaça ses mains l'une au-dessus de l'autre pour les observer avec une certaine lueur de tristesse. Elle n'arrivait même pas à imaginer ce qu'elle ferait si elle était amputée. Ne pas avoir de doigts, c'était ne plus dessiner, ne plus peindre. Un cauchemar.


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MessageRe: Contemplation. - posté le Mar 12 Aoû - 0:24

Contemplation.

   
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Kôdai ne bougeait pas, son regard semblait vide de toute émotion, un peu comme son esprit. Les pensées n'arrivaient plus à s'aligner correctement dans sa petite tête. Comme si on l'avait simplement débrancher.

- T'es du genre gros stressé toi. J'avais déjà remarqué que tu semblais tendu, mais à ce point. Qu'est-ce qui ne va pas ?

La voix de la jeune fille le ramena quelque peu à la réalité. Il releva lentement la tête, la bouche entrouverte, posant sur elle un regard à la fois hypnotique et inexpressif. Son visage semblait être devenu encore plus pâle, à croire que c'était possible. On aurait même pu penser qu'il avait simplement oublier comment parler. Il leva le nez vers le ciel, toujours avec cette infinie lenteur. La pluie avait un goût fade, mais il restait dans cette position, le regard vagabondant sur le ciel comme s'il y cherchait quelques chose, perdu au milieu des épais nuages. Il restait ainsi quelques minutes, peut être moins longtemps, il n'en était pas certain. Quand il baissa de nouveau les yeux, un mouchoir en tissus était posé sur ses doigts ensanglantés. Il s'était blessé ? Comment ?

Lentement il enroula le bout de tissus autour de sa plaie, grimaçant sous l'effet de la douleur. La fille lui parlait, encore, mais il n'écoutait plus depuis longtemps. A vrai dire, la pluie couvrait ses paroles. Bon il ne faisait pas non plus beaucoup d'effort pour la comprendre. Gardant son bandage improvisé bien serré pour arrêter le saignement, Kôdai s'avança de quelques pas vers les escaliers qui descendaient aux dortoirs. Plus le temps passait, plus il lui était difficile de rester connecté avec la réalité. Il se massa lentement les tempes, assailli par son mal de tête soudain. Il réagit à peine lorsque le mouchoir se sauva de ses doigts et vint s'écraser sur le sol tremper.

Tss, elle devait avoir l'air bien vive à côté de lui. Il n'avait aucun problème de tension ni quoi que ce soit de ce genre. Sauf que parfois il lui arrivait de s'en aller, laisser aller sa conscience on se sait trop où. Sauf que les retours à la réalité étaient souvent brutaux. Elle lui avait peut être posé des question, et la vérité était qu'il n'avait absolument rien écouté. En tout cas il avait déjà complètement oublié son mouchoir qui croupissait dans l'eau. Il tourna rapidement les yeux vers elle pour y découvrir une mine dégoûtée. Faire diversion était surement le meilleur moyen pour lui de s'en sortir sans trop de reproche. D'un air innocent, il pointa l'escalier de son doigt encore tout rouge.

-Je descends.

Libre à elle de le suivre ou non. Il ne savait même pas s'il en avait réellement envie. Non, bien sur que non. Elle était embêtante, trop bavarde qui plus est. Bien qu'il sache que l'accuser de la sorte était immature, il préférait continuer de se convaincre lui même de certaines choses. Ça évitait souvent de se retrouver dans des positions délicates. Il ne devait pas oublié que s'il était venu ici, c'était avant tout pour être seul. La solitude contre la souffrance, Kôdai...Il tourna les talons, le regard voilé de tristesse, et commença à descendre les marches sans se presser.
   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Mar 12 Aoû - 15:09, édité 1 fois
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mar 12 Aoû - 13:34



« Je descends. »

Cette déclaration fit revenir Alyss sur terre, elle qui était, à l'instant même, en pleine contemplation de ses doigts. Elle le regardait de ses yeux incrédules, comme si son annonce était la pire aberration que l'humanité eut jamais entendu. Elle baissa les yeux vers son doigt rouge. Ah, oui, c'est vrai. Elle parvint finalement à se souvenir qu'elle lui avait demandé d'aller à l'infirmerie pour désinfecter. Est-ce qu'il comptait le faire ? Il avait simplement dit "je descends" et pas "je vais voir l'infirmière". Or, s'il n'allait pas la voir, on lui couperait les doigts. Tenue par cette certitude assez enfantine, la jeune fille rattrapa la distance qu'il avait mis en place entre eux deux, sans la combler entièrement. Il commençait déjà à descendre les marches lorsqu'elle fut à un mètre de lui pour l'informer de façon presque solennelle :

« Je viens avec toi. »

À vrai dire, elle comptait bien l'escorter jusqu'à l'infirmerie pour qu'il se fasse soigner, pas question de le laisser perdre ses membres de façon aussi stupide. Une partie d'elle culpabilisait un peu, au fond. Elle devait encore résoudre l'affaire du "Mystérieux Garçon Du Toit Qui Se Mord Les Doigts", et craignait que tout ça ne soit de sa faute. Peut-être qu'elle lui faisait peur. Elle faisait souvent peur aux gens, et, parfois, elle se faisait peur à elle-même. Dans ce cas, ce n'était pas une bonne idée qu'elle l'emmène. Mais c'était peut-être sa façon de se racheter. Quel dilemme.

Ils arrivèrent donc en bas de l'escalier et la jeune fille constata rapidement que les couloirs étaient bondés. Il fallait dire qu'avec la pluie qui était tombée, les élèves avaient eut vite fait d'aller s'abriter et, pour la plupart, de rentrer dans leurs dortoirs. C'était embêtant, il était difficile de se frayer un chemin. La petite brune attendit donc quelques minutes, rien ne servait de se presser, de toute manière. Quoique, si, un peu. Qui pouvait savoir le nombre de bactéries dans l'air qui allaient s'infiltrer chaleureusement dans les plaies du jeune homme. Elle secoua la tête vivement pour se chasser cette idée et de se concentrer sur l'instant présent.

Les élèves passaient et repassaient, trempés de la tête au pieds. Alyss avait le sentiment d'être une naine parmi des géants, craignant de se faire écraser. Il fallait dire qu'avec sa taille, il était difficile qu'on la remarque dans le foule. L'avantage, c'est qu'elle pouvait se glisser partout. Et, en parlant de glisser, le sol trempé n'arrangeait en rien leur escapade. Plus d'une fois elle dû se rattraper à la dernière minute sur le mur pour ne pas se casser la figure.

Les couloirs étaient de nouveaux plus ou moins calmes, laissant le champs libres aux deux adolescents pour sortir et se diriger vers l'infirmerie. Du moins, la fillette incitait le gringalet du regard pour s'y diriger, et gare à lui s'il prenait une autre direction. Avec une énergie anormale, elle descendit les marches deux à deux. Elle l'aurait bien fait de quatre à quatre mais ses jambes étaient bien trop courtes. La dernière fois qu'elle l'avait fait, elle s'était ramassée lamentablement et n'avait pas pu marcher durant quelques jours. Quoiqu'il en soit, elle n'avait plus dit un mot depuis qu'ils étaient descendus du toit, à croire que les nuages et la pluie étaient son carburant à idées et paroles absurdes. Non pas qu'elle n'avait rien à lui dire, en réalité, elle mourrait d'envie de mettre un nom sur cette tête blonde. Elle voulait aussi savoir ce qui lui avait prit, si ça lui faisait mal. Mais elle se taisait. Elle n'était même pas sûre qu'il daigne lui répondre.

Sans plus tarder, ils arrivèrent finalement à destination. Alyss se permit d'entrer la première pour lui tenir la porte, et la refermer derrière lui. Puis, elle visita la pièce du regard, étant donné qu'elle y entrait pour la première fois. Ou peut-être deuxième, les souvenirs étaient assez flous. Faisant quelques pas en avant, elle lâcha presque timidement dans un murmure assez fort pour se propager dans la pièce :

« Il y a quelqu'un ? »


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Kôdai Hayashi
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mar 12 Aoû - 15:57

Contemplation.

   
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Il supposa que la jeune brune avait finalement décidé de le suivre en entendant le bruit régulier des claquement de ses pieds sur les marches humides. Ça lui était égal, elle était libre de faire ce qui lui chantait. C'était aussi le cas pour lui, en y pensant. La liberté avec un goût tout juste nouveau pour lui. Il ne comprenait même pas pourquoi la plupart des élèves se rendaient en cours par obligation tellement leur moyens de pressions était légers. Ils n'étaient pas laxistes, mais écrire une simple phrase dans un carnet n'était pas censé obliger quelqu'un à faire quoi que ce soit. Il le découvrirait bien lui même à un moment ou à un autre.

-Je viens avec toi.

Le ventre du garçon se serra en découvrant que les couloirs étaient bondés. Ça aussi, il allait falloir qu'il s'y habitue. A contre cœur il s'engagea dans la foule. Il était petit par rapport à la plupart des étudiants, ce qui rendait l'opération encore plus difficile. En moins d'une minute il avait perdu la fille de vu, et n'avait plus la moindre idée de la direction à prendre. La seul chose dont il était encore certain c'était que son mal de tête s'intensifiait. A plusieurs reprises il faillit perdre l'équilibre et s'effondrer par terre : le sol n'était pas très glissant, mais la boue que les élèves avaient ramenés de sous leur chaussure compliquait encore les choses. Il finit par la retrouver non loin de lui, et commença à avancer lentement vers elle en se démenant toujours pour toucher le moins de gens possible.

Il lâcha un soupire de soulagement quand ils s'échappèrent du plus gros du troupeau. Il y avait encore quelques personnes qui erraient de ça et là, mais c'était bien plus supportable. Le blondinet remit instinctivement ses mains dans ses poches, suivant toujours la jeune fille d'un pas las, sans broncher. Il ne la suivait pas par plaisir. Non, la vérité c'était qu'il était complètement perdu. Pourtant il n'était pas mauvais pour mémoriser les chemins, mais seulement ceux qu'il avait déjà emprunté. Il savait aller de son dortoir à la forêt, et de la forêt au toit tout seul. On lui avait aussi déjà indiqué quel couloir menait à la cafétéria, mais il n'aimait que très peu manger en compagnie des autres. Manger tout court n'était déjà pas sa tasse de thé.

Sa guide était étrangement silencieuse. Était-ce ses doigts qui l'avaient refroidie ? Dans tous les cas ce silence n'était pas désagréable. Un peu de repos pour ses pauvres oreilles sollicitées jusqu'ici. Comme pour passer le temps inutile, il essaya d'imaginer comment serait de vivre avec des gens de son âge. En était-il seulement capable ? Ce n'était pas comme s'il avait eu le choix, mais l'idée de dormir dehors ne l'enchantait pas vraiment. La forêt était agréable pour les siestes, mais la nuit...Rien que d'y penser, un frisson désagréable lui passa dans le dos. Une douleur étrange l'ébranla quand il réalisa qu'il ne dormirait pas seul non plus. Dormir avec d'autre gens dans une pièce, il en serait incapable. Comment fermer l’œil avec sa paranoïa constante, s'il dormait ça signifiait qu'il baissait sa garde et...

-Il y a quelqu'un ?

De nouveau un sursaut le secoua. Où étaient-ils ? Il releva enfin la tête et observa la pièce. Il y avait un bureau sur lequel un gros ordinateur chauffait. Des étagères longeaient les murs, sur lesquelles des dizaines de boîtes de médicaments étaient posés, accompagnés de tout un assortiment d'objets de torture. Son cœur s'affola et il détala à l'extérieur. Comment avait-elle pu lui faire ça ? Elle avait laissé sous entendre qu'elle l'aimait bien alors pourquoi ? Des pensées, plus incohérentes les unes que les autres se bousculaient dans sa tête, alors qu'il reprenait son souffle, appuyé contre la porte fermée. Les médicaments, tous ces trucs bidons, ils les haïssaient. Presque autant que l'alcool. Son traitement pour son stress constant arrivait d'ailleurs toujours au fond d'une poubelle. Les gens étaient décidément tous les mêmes. Il prit une direction au hasard et commença à avancer d'un pas rapide. Avec un peu de chance il allait tomber sur sa chambre et, avec encore plus de chance, la fille n'aurait pas le temps de le suivre de nouveau. Ce n'était pas comme s'il était en colère, il avait juste eu très peur...



   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Mar 12 Aoû - 21:55, édité 1 fois
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mar 12 Aoû - 21:46



Elle n'avait eu aucune réponse, signe que l'infirmière n'était pas là. Tant pis, elle se servirait elle-même dans les produits. Sans se soucier de son camarade, la jeune fille se rendit vers l'armoire à pharmacie, grande, blanche, une croix rouge en son centre. Elle l'ouvrit pour voir son contenu si varié : des tas et des tas de boîtes de médicaments, pilules, des bandages, des pansements... Et de l'alcool. Elle attrapa immédiatement le flacon, ce devrait faire l'affaire. Emmenant quelques pansements, morceaux de bandages et cotons dans sa poche, elle referma le meuble et se tourna vers le centre de la pièce, puis resta plantée là. Seule.

Quel culot, songea-t-elle un instant. Elle l'emmenait à l'infirmerie pour l'aider à se soigner et, lui, il s'en allait s'en prévenir. Elle n'était peut-être pas en position de le juger, mais tout de même. Sans perdre de temps, elle sortit de la pièce en claquant la porte, ce que l'on aurait pu prendre pour un signe d'irritation. Elle n'était pas en colère, juste légèrement vexée. Et probablement un peu confuse.

Son premier réflexe fut de sortir hors du secteur de l'infirmerie. Il ne souhaitait pas y aller, très bien. Maintenant, où est-ce qu'il pouvait bien se rendre ? Ses pas la guidèrent jusqu'au dortoir A. Elle ignorait s'il y retournerait, elle ne savait même pas si sa chambre était là. Mais elle n'avait pas d'autre idée.

Elle grimpa les escaliers à toute vitesse pour débouler comme une furie dans le premier couloir. Il n'y avait que deux ou trois élèves présents, ces-derniers pris par surprise s'en allèrent dans une chambre à l'arrivée d'Alyss. Aucune trace du Mystérieux Garçon Du Toit Qui Se Mord Les Doigts. Le flacon, les cotons et les bandages serrés contre elle, elle décida de se rendre au second étage.

Elle avait bien fait. Ainsi, elle barra la route du garçon désorienté en plein milieu du couloir.

« Tu es là. »

L'évidence même, mais cette phrase avait été lâchée avec un soupir de soulagement non retenu. Sans plus de formalités, elle lui montra brièvement le kit de soin improvisé qu'elle s'était emmenée, pour enchaîner :

« J'ai prit ça, pour te soigner. »

Tout en versant un peu d'alcool sur un coton, elle réfléchit au pourquoi du comment. Il s'était enfuit de l'infirmerie comme un lapin fuyant un chasseur, c'était tout de même bizarre. Il avait peut-être la phobie des infirmeries, comme certaines personnes n'aimaient pas les hôpitaux. Tout bêtement, elle déclara :

« Fallait le dire si t'aimais pas les infirmeries, je t'y aurais pas emmené. »

Elle lui balança littéralement le coton imbibé d'alcool sur les mains, ne souhaitant pas spécialement jouer les doctoresses ou toucher la moindre goutte de sang. De la peinture rouge, ok. Mais pas du sang. Comme si ce qu'elle venait de faire était une insulte, elle ajouta rapidement en fourrant ses mains dans les poches, l'air fautive :

« Désolée, j'aime pas trop les plaies, les blessures, en général... »


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MessageRe: Contemplation. - posté le Mar 12 Aoû - 22:33

Contemplation.

   
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Rêver en marchant n'était décidément pas une bonne idée, fini-t-il par comprendre quand il trébucha dans le vide pour la troisième fois. Depuis combien de temps errait-il dans les couloirs, comme un fantôme, désespérément à la recherche d'un point de repaire. Juste un panneau, un signe, quelque chose. Mais rien, à croire que cet établissement était un immense labyrinthe. A ses yeux, tout était pareil, et il se demanda même à plusieurs reprises s'il n'était pas juste en train de tourner en rond. Rapidement il avait perdu la notion du temps, et sentait comme une boule se former dans sa gorge, à deux doigts de pleurer. Il finit par s'arrêter contre un mur, blême et fatigué.

-Tu es là.

Il sursauta en relevant les yeux de ses pieds. Oh non, pas elle...Pourquoi le pourchassait-elle comme ça ? Il s'était conduit en rustre en s'en allant de la sorte. Elle n'avait pas joué cartes sur table non plus en l’emmenant contre son grès dans cet endroit infâme. Mais c'était quoi son problème ? Elle n'était surement pas une folle altruiste qui allait le poursuivre jusqu'à sa mort ? Son sang se glaça quand il remarqua qu'elle avait ramené tout son petit matériel. Non seulement elle le collait, mais en plus elle voulait lui faire du mal.

-J'ai prit ça, pour te soigner. Fallait le dire si t'aimais pas les infirmeries, je t'y aurais pas emmené.

Lui dire ? Comme s'il avait été ne serait-ce que mis au courant. Ses yeux ne lâchaient pas leur cible, observant ses gestes avec prudence, près à détaler au moindre mouvement brusque. Il était comme un animal sauvage qu'une petite fille trop curieuse tentait de toucher. On savait tous comment ces choses là se finissaient. L'animal prenait peur et s'enfuyait pour toujours. Mais dans son cas où pourrait-il s'enfuir ? Il n'y avait ni buisson ni terrier où se cacher. Il était bien pris au piège entre ces quatre murs.
Au moment où il semblait revenir à lui, un bandage pendait sur ses doigts recroquevillés. Ça piquait, non, non ! Le blondinet commença peu à peu à s'affoler, jetant le pansement sur le sol et plaçant ses mains sur sa tête, comme si elle allait exploser. Il avait peur, mais il ne pouvait pas s'enfuir, elle lui barrait la route.

-Désolée, j'aime pas trop les plaies, les blessures, en général...

Il n'écoutait déjà plus ce qu'elle disait. Les voix criaient dans sa tête, alors que des images d'horreur défilaient devant ses yeux à une vitesse hallucinante. Il se mit à trembler de tous ses membres après s'être lourdement laissé tomber à genoux, ses yeux cherchant le vide d'une manière si désespérée qu'on l'aurait presque cru en train de pleurer. Ce comportement allait surement ne faire que l'effrayer d'avantage, mais avec de la chance assez pour qu'elle parte en courant sans se retourner. Tout ce qu'il espérait c'était qu'elle ne s'approche pas d'avantage. Sa tête tournait, ni vite qu'il cru un moment qu'il allait s'évanouir. Il appuya ses deux mains sur le sol pour ne pas complètement tomber, ce qui aurait été encore plus embarrassant. Il ne savait pas quoi faire, il était juste complètement perdu.

-Je...je..veux rentrer...murmura-t-il d'un ton implorant.

   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Mer 13 Aoû - 14:27, édité 1 fois
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mer 13 Aoû - 14:19



L'expression bienveillante de la jeune fille se vit prendre sa place par un visage bien plus tordu, confus. Le garçon, celui qu'elle tentait d'aider tant bien que mal, était là, par terre, effondré. Il se tenait maladroitement au sol pour éviter de le percuter brutalement et de façon ridicule. La jeune fille, quant à elle, restait plantée là, aussi perdue que lui. Bon sang c'était quoi son problème ? Son problème à lui, pas à elle. Quoique à elle aussi. Elle ne savait vraiment plus quoi faire pour lui, elle qui n'était déjà pas bien douée en relations humaines. Non, vraiment, elle était complètement déconcertée. Complètement troublée.

Elle n'avait pas vraiment l'habitude de tomber sur quelqu'un d'aussi étrange qu'elle. Bien sûr, ce n'était pas la même forme de "bizarrerie", celle du blond semblait bien plus obscure. Ce dernier semblait tellement triste, tellement désespéré... Alyss aurait voulu le réconforter, vraiment. Elle aurait pu partir en le laissant là, lassée du peu de reconnaissance dont il faisait preuve alors qu'elle essayait juste de sympathiser avec la première personne venue à elle. Mais le laisser ici revenait à l'abandonner à son sort, une sombre solitude. Il avait prétendu préférer être seul tout seul. Et s'il en était tout simplement contraint ?

Ne sachant que faire d'autre, la brune s'accroupit face à lui, inexpressive. En se concentrant un peu on pouvait en réalité voir une lueur désolée dans son regard, peut-être même de la pitié. Ce n'était pas ce qu'elle souhaitait lui faire comprendre, qu'il lui faisait pitié, elle voulait simplement qu'il sache qu'elle l'aiderait s'il en avait besoin.

« Je... Je... Veux rentrer... »

La jeune fille se mordit la lèvre inférieur à cette demande qui ne lui était pas adressée personnellement. Cette voix plaintive, ce regard, cette position, tout ces éléments étaient en train de toucher l'adolescente du plus profond de son être. Touchée, coulée. Elle était plus sensible qu'elle ne l'aurait cru.

Elle avait envie de le toucher, un simple contact, au niveau de l'épaule par exemple, comme pour lui faire comprendre "je suis là". Mais elle n'était pas sûre que ça le rassure, au contraire même. Bon nombre de fois elle avait vu des séries médicales où le patient instable et malheureux pétait un câble dès qu'un médecin tentait  de s'approcher trop près. Ce n'était pas très glorieux de le comparer à un taré de série médicale mais c'était une simple précaution. Elle recula donc un peu. Juste un peu.

« Je vais te raccompagner à ta chambre, dans ce cas. »

Elle lui lança un dernier regard, soutenu, encourageant, pour se relever et lui tourner le dos, le temps qu'il se relève et se décide à marcher. Un silence assez pesant vint s'installer entre eux mais, après ce qui venait de se passer, il n'y avait plus grand chose à ajouter. Même pour Alyss.


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MessageRe: Contemplation. - posté le Mer 13 Aoû - 15:33

Contemplation.

   
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Quelques pas seulement les séparaient. Son sentiment d'oppression s'était peu à peu estompé lorsqu'elle s'était accroupie face à lui, sans chercher à s'approcher d'avantage. Mais il était cependant assez près d'elle pour déceler dans ses yeux une pointe de pitié. Cela assombrissait considérablement la jeune fille, qui avait été jusque la pétillante. Il avait gâché ça ? Quelle maladresse. Pourtant Kôdai sentait entre elle et lui, plus qu'un fossé, un gouffre immense que rien ne pourrait jamais combler. Son cœur se serra en imaginant qu'elle pouvait se faire du soucis pour lui, mais immédiatement il balaya cette idée. Le monde ne tournait pas autour de lui, et tant mieux.

Sans s'en rendre compte, le blondinet s'était remis à fixer le sol, jetant cependant des regards réguliers au dessus de son épaule, comme pour vérifier que le mur n'allait pas le manger. A quelques reprises des élèves passèrent timidement près d'eux, intrigués par cette scène qui sortait probablement de leur quotidien. Il allait se faire une réputation d'atteint psychiatrique, dès le premier jour, cette idée ne faisait que le torturer encore d'avantage. Il ramena lentement ses mains à lui et les serra sur sa poitrine, gonflée au rythme de ses respirations affolées. Cela faisait dix ans. Dix longues années qu'il luttait contre ses démons intérieurs, incapable de lâcher prise. Et plus le jeune garçon sentait qu'il avait besoin d'aide, plus il se renfermait sur lui même.

-Je vais te raccompagner à ta chambre, dans ce cas.

Le blondinet sentit se muscles se détendre et il hocha lentement la tête. Elle s'était reculé, juste un peu. Avait-elle sentit son malaise et sa phobie des contacts ? Ou bien peut-être le trouvait-elle repoussant ? Son regard grisâtre se voila de tristesse alors qu'il s'appuyait au mur pour se hisser maladroitement sur ses jambes encore tremblantes. Il la suivit donc sans un mot, tête basse, prenant bien garde à toujours laisser la distance entre eux suffisamment grande. Il se sentait déjà mieux, soulagé de quitter cet affreux couloir entièrement gris. Il fit cette fois un peu plus attention à la route pour pouvoir se déplacer sans escorte le plus rapidement possible. La petite brune emprunta une route qu'il ne connaissait pas jusque là, alors qu'elle était tout près de sa chambre. Il la mémorisa sans trop de difficulté, soulagé d'arriver enfin devant la porte six.

Dans son état normal, le garçon aurait vite eu fait de trouver une excuse et de filer dans un endroit plus tranquille. Mais cette historie d'infirmerie l'avait vraiment bouleversé, et il était aussi très fatigué. Une fois dans la fameuse chambre, il se cala contre le mur en balayant la pièce du regard. Pourrait-il un jour se faire à l'idée qu'elle était son seul chez-lui ? Soupirant, il avança jusqu'à son lit et s'assit timidement dessus, comme s'il faisait quelque chose d'interdit. De nouveau il colla son dos au mur en ramenant ses genoux contre lui. Son ventre tremblait, était-ce juste la faim, ou cette angoisse ? Le blondinet se mordit la lèvre en se demandant depuis combien de temps il n'avait pas avalé quoi que ce soit. Hier, ou le jour d'avant ? Peut être celui d'encore avant. Il haussa les épaules, ignorant les grognements titanesques que continuait d'émettre son estomac.

Il avait sommeil, mais comment baisser sa garde avec cette fille ? Cette fille qui n'avait toujours aucun nom. Il finirait bien par l'apprendre, si tous deux étaient coincés dans cette boîte. Ses paupières se faisaient lourdes, mais l'idée qu'elle s'approche ne le quittait pas. La distance n'avait jamais vraiment été le problème, c'était plutôt qu'il se sentait en danger trop près des gens. Des gens qu'il ne connaissait pas bien. Enfin vu qu'il ne connaissait pas grand monde, pour ne pas dire personne, ça ne faisait aucune différence. Il se sentait quand même mal vis à vis de la petite brune. Comme s'il avait besoin de s'excuser pour son comportement anormal. Mais c'était bien trop stupide. Il serra ses bras contre lui, on aurait dit que ses deux lunes voguaient sur une autre planète, bien loin d'ici. Seul ses lèvres pâle bougeaient. Sa voix était devenue claire, presque envoûtante.

-Merci...

Kôdai ne savait pas réellement pourquoi il l'avait dit. Elle avait pourri sa sieste, l'avait emmené en douce à l'infirmerie avant de le poursuivre dans tout le pensionnat avec ses outils de torture, sans parler de sa langue bien pendue. Mais elle lui donnait une impression un peu plus agréable. Peut être quelque chose de doux, de protecteur...

   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Mer 13 Aoû - 18:28, édité 1 fois
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mer 13 Aoû - 18:16



Quelle ne fut pas la surprise de la jeune fille lorsqu'ils s'éloignèrent des couloirs sales et boueux pour s'arrêter nets devant la porte décorée d'un grand "6". Ceci expliquant cela, elle comprit rapidement pourquoi il lui avait dit un peu plus tôt qu'elle était dans cette chambre. Il était donc son colocataire, ça promettait beaucoup de choses. La jeune fille devait bien l'avouer, ce n'était plus un simple camarade de chambre maintenant. Ce n'était pas non plus un ami. Une connaissance ? Peut-être. Peut-être pas. Le mot juste, bien qu'un peu déplacé, aurait été "curiosité". Ce garçon, dont elle ne connaissait toujours pas le nom bien qu'ils fussent dans la même chambre, était, à ses yeux, une curiosité. Il l'intriguait, l'étonnait, et surtout l'intéressait. La jeune fille aimait rencontrer des gens intéressants, sûrement parce qu'ils étaient rares. Peut-être était-il intéressant car il n'était pas banal. En partant de ce fait, la jeune fille se demanda si les autres la voyaient également ainsi. Une curiosité.

Ils pénétrèrent la pièce, toujours dans ce silence quasi-religieux. Ou quasi-morose, selon les points de vue. Alyss observa méticuleusement les mouvements lents du garçons qui allait s'asseoir sur son lit d'une manière assez étrange, comme si le meuble allait le dévorer. La brune dû réprimer un sourire amusé, il aurait pu prendre ça pour une vulgaire moquerie. Et se moquer de lui était bien la dernière de ses intentions. Ainsi, elle se laissa tomber sur la chaise face au bureau qu'elle s'était elle-même attribuée. Il était à côté de son lit, donc il devait lui être destiné, tout simplement. Et puis, ce n'était pas comme si c'était le seul bureau de la pièce. Le sien en tout cas était le plus bordélique, jonché de feuilles volantes, tubes vidés, pinceaux aux formes variés et autres matériel pour le dessin, crayons, porte-mines, gommes, promarkers...

À nouveau, elle reporta son attention vers le garçon qui se situait là, quelques mètres plus loin. Recroquevillé sur lui-même, il avait le regard vague, l'air absent. Un regard qu'elle connaissait bien puisqu'elle avait l'habitude de l'arborer, bien qu'elle ne puisse pas le constater de son propre chef, on le lui rappelait souvent. Elle avait remarqué qu'il prenait toujours cette position, un peu replié sur lui-même, comme s'il craignait qu'on ne lui veuille du mal. Bien sûr, elle ne lui ferait aucun mal, alors elle ne comprenait pas vraiment pourquoi il gardait cette attitude. Peut-être qu'à force, cela finissait par faire partie de lui, au fond.

« Merci... »

Hein ? Sortie brutalement de sa rêverie, la brunette semblait pourtant toujours être dans un songe. Il l'avait vraiment remerciée ? C'est à peine s'il avait voulu lui adresser la parole depuis le début, et c'était pas faute de lui avoir tendu la perche. Les yeux légèrement écarquillés et braqués vers lui, elle cligna un instant, comme si elle venait de se réveiller. Puis, son air indifférent s'installa à nouveau sur son visage tandis qu'elle haussait des épaules, bien qu'elle était plus touchée qu'elle ne le laissait paraître :

« Pas de quoi. »

À vrai dire, elle ne savait pas trop de quoi il la remerciait. Elle l'avait angoissé sur le toit, fait fuir à l'infirmerie, et paniquer lorsqu'elle lui avait apporté du désinfectant, pas de quoi être reconnaissant. Certes, elle avait fait de son mieux pour se montrer plus ou moins amicale et utile, mais, au lieu de ça, elle avait le sentiment d'avoir empiré pas mal de chose au niveau de sa condition. Si elle commençait à se faire des ennemis en voulant se faire des amis, elle était mal barrée. Mais au bout du compte, il la remerciait pour des raisons encore obscures. Tout ça lui prenait vraiment la tête.

Instinctivement, elle attrapa un fusain et une feuille canson qui traînait par là. Le mieux dans ces situations pour elle était de peindre. Lorsqu'elle ne pouvait pas peindre, là en l’occurrence, étant donné qu'elle se voyait mal sortir une toile de nul part pour commencer un tableau, elle dessinait. Elle dessinait ce qu'elle voyait.

C'est ainsi que son poignet se mouvait dans de grands gestes précis. Elle était concentrée, plus d'expression blasée ou absente, cette fois-ci, c'était une Alyss sérieuse, passionnée. Les sourcils légèrement froncés, les lèvres serrées, son regard passant du jeune garçon à sa feuille. Elle ne demandait pas son autorisation pour le dessiner, de toute manière, elle n'était pas sûre que son dessin lui plaise. "Lui" plaise ? Au blond ou à elle ? Les deux. Il finirait sûrement à la poubelle pour rejoindre les autres. Elle était arrivée il y a peu mais c'était déjà installée comme chez elle, et la poubelle était déjà remplis à ras bords de dessins et peintures en tout genre. Les feuilles n'étaient pas froissées, elle n'aimait pas vraiment les rouler en boule avant de les jeter, c'était comme si elle froissait ses efforts de créativité. Elle glissait simplement ses travaux dans sa corbeille, comme dans un tiroir.

Ainsi, elle continuait ses tracés pour, finalement, terminer au bout de quelques minutes sur un dessin du jeune homme assez lugubre, les ombres accentuées formant presque un aura obscur autour de lui. C'en était presque triste. Mais c'était ce qu'elle voyait.


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Une petite virée dans les rêves d'Alyss ?
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Kôdai Hayashi
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MessageRe: Contemplation. - posté le Mer 13 Aoû - 20:07

Contemplation.

   
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Rapidement, et une fois encore, le jeune blond avait perdu la notion du temps. Son visage était grave mais serein, il surveillait la fillette d'un œil attentif, mais lutter contre le sommeil était de plus en plus difficile. Elle s'était affalée à son bureau, et était en train de griffonner sur une feuille, étrangement concentrée. Kôdai ne comprenait pas les regard successifs qu'elle lui lançait elle aussi. Il était peu probable qu'elle le surveille pour les même raisons, mais de toute façon il était trop fatigué pour se poser d'avantage de questions. Il s'enfonça un peu plus dans le matelas, et se permis de fermer les yeux un instant. La douleur dans son crâne n'avait décidément pas fini de le narguer. A quand remontait le début de cette migraine constante ? Hun, il ne devrait même pas se poser la question. Les médecins n'étaient, eux non plus, pas complètement stupides. Lui non plus d'ailleurs. Il savait qu'en arrêtant de prendre ses médicaments du jour au lendemain il s'était mis en danger. Il aurait même pu y rester. A moins que c'était justement ce qu'il avait cherché. A force, il n'en était même plus certain. Et puis de quoi était-il encore sûr ? Mais il n'eut pas le temps de fouiller une nouvelle fois dans sa mémoire torturée, que déjà malgré lui le sommeil l'avait emporté.

Maman ! Maman ! Maman dort par terre. Ça fait longtemps qu'elle dort. Je lui brosse les cheveux parce qu'elle aime ça. Je continue mais elle ne se réveille pas. Je la secoue. Maman ! J'ai mal au ventre. J'ai faim. Il n'y a plus de petit pois. Je vais jusqu'à l'évier et je bois. Maman, réveille-toi ! Je prends mon doudou et je m'allonge à côté d'elle sur la moquette toute tachée. Maman dort encore. Je cherche quelques chose à manger, le congélateur est vide. Je prend un morceau de glace et je le mange. Ce n'est pas bon et ma langue colle dessus. Je vais m'allonger près de maman. Maman est froide, elle ne veut pas se réveiller. La porte s'ouvre tout à coup. Il est là. J'ai peur et je cours me cacher sous la table. Il m'a trouvé. Il s'accroupit en souriant. Il sent mauvais. Ça pue la cigarette et l'alcool. Te voilà, petit merdeux.

Il se réveilla dans un gémissement effrayant. Il était trempé de sueur et son cœur battait à tout rompre. Instinctivement il tâta autour de lui mais n'y trouva rien d'autre que des draps blancs humide de sueur. Ce n'est qu'un cauchemar, ce n'est qu'un cauchemar lui répétait-elle inlassablement. Il ne savait plus où il était, effaré, il tournait la tête dans tous les coins de la chambre. Il ne reprit totalement conscience qu'une fois que ses deux yeux furent braqués sur La Fille. La Fille aux nuages. Le pensionnat. L'infirmerie. Tout redevenait clair peu à peu dans sa petite tête. Alors pourquoi est-ce que rien ne semblait pouvoir stopper les battements déchaînés dans sa poitrine ? Il avait eu peur, encore. C'était probablement la raison pour laquelle il ne voulait plus dormir. Fermer les yeux était comme s'il s'enfermait lui-même dans les ténèbres rougeoyantes de son cachot. Celui de son passé.

Péniblement, il se redressa, passant une main endormie sur son front dégoulinant de sueur. Il était toujours un peu mouillé de sa sortie, et en y pensant, le matelas allait être humide lui aussi. Bien qu'à cet instant, il n'en ait pas grand chose à faire. Quand il estima être assez calme, son regard se posa une nouvelle fois sur la brune qui semblait ne pas avoir bougé. L'avait-elle entendu crier ? C'était presque évident. Il espérait surtout ne pas avoir parlé pendant son sommeil. Personne n'avait jamais vraiment été là pour le lui confirmer, il ne savait même pas si il ronflait. Enfin si, comme le disaient les livres, les ronflements étaient la plupart du temps réservés aux personnes qui dorment bien, c'était peu probable. D'ailleurs ses...ses camarades allaient avoir des nuits entrecoupées s'ils dormaient tous dans cette petite pièce. Prenant en compte qu'il se réveillait au minimum quatre fois, et que pour la plupart, il criait ou gémissait de douleur.

Dormir au pensionnat n'était pas une si bonne idée qu'il l'aurait cru. Car oui, pour une fois il avait cru être capable de vivre comme tout le monde, se fondre dans la masse. Mais son destin le rattrapait sans cesse, comme une malédiction. Mais de ce point de vu c'était stupide. Avant de s'en rendre compte, Kôdai sentit un goût de sang envahir sa bouche. Il s'était encore mordu  les doigts. Paniqué à l'idée de repassé par la case infirmerie, il les retira et les posa sur sa joue. Maintenant elle était pleine de sueur, de sang et...de larmes ? Il secoua la tête et se dépêcha de s’essuyer avec la manche de son pull.

Il commençait à craindre les questions de la demoiselle trop curieuse, et ce n'était pas maintenant qu'il allait subir un interrogatoire sans broncher. Ni maintenant ni jamais d'ailleurs. Il cacha ses mains dans les poches de son sweat pour ne pas l'affoler, en profitant pour la scruter du regard. Il aimait vraiment ses yeux, leur couleur était chaleureuse. On ne pouvait pas en dire autant de lui. Il toussota, étrangement mal à l'aise. S'il ne prenait pas les devants ça risquait de durer des heures, et il aurait droit à une tripoté de métaphore toutes plus étranges les unes que les autres. On aurait dit que même quand il essayait, parler à une hauteur normale était impossible.

-Euh...c'était un cauchemar...rien de...

Il ne finit pas sa phrase, baissant brusquement la tête sur ses genoux. Ses joues étaient roses. Il était comme un enfant malheureux qui venait de désobéir, et qui attendait sa punition, ses yeux gris cherchant sur le sol un quelconque échappatoire...  

   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Jeu 14 Aoû - 13:24, édité 1 fois
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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Jeu 14 Aoû - 0:12



La jeune fille continuait son petit travail d'ombres et de formes, réalisant brièvement que son modèle venait de s'assoupir. Bon, eh bien, elle le redessinerai, cette fois-ci endormi. Attrapant une autre feuille, elle s'affaira à le reproduire du mieux qu'elle put, une nouvelle fois. Bien sûr, sa reproduction était quasi-parfaite, authentique, bien plus paisible que son oeuvre précédente. Il fallait dire que, lorsqu'il dormait, il semblait moins... Sombre ?  Peut-être. Mais pas totalement. Il ne fallut pas longtemps avant que la réalité ne revienne en courant, kidnapper la paisible Mystérieux Garçon ensommeillé et finalement laisser place au terrible Mystérieux Garçon agité. Il ne semblait pas avoir le sommeil facile. Alyss ne l'avait pas vraiment non plus. Il lui arrivait de faire des cauchemars terribles, cruelles, sanguinaires, des cauchemars à en perdre la raison, en perdre ses mots... Sauf qu'elle les oubliait. Donc au final, ils n'étaient pas si terribles.

Elle faisait aussi des rêves absolument géniaux parfois, des rêves remplis de couleurs, arc-en-ciels, plaines recouvertes de pissenlits. La plupart du temps, elle se réveillait avec les yeux grands ouverts, comme si elle venait d'apprendre le sens de la vie. Le sens de sa vie à elle, c'était la peinture. Du coup, elle allait transposer de façon assez abstraite ses rêves sur des tableaux, du moins, ceux dont elle se rappelait. Et fallait dire qu'ils étaient pas nombreux. C'en était frustrant.

Quoiqu'il en soit, elle continuait ses dessins de Mystérieux Garçon en lui lançant tout de même des regards inquiets. Il transpirait à grosses gouttes, sa respiration était saccadée et il ne cessait de bouger d'un côté, puis de l'autre. C'était assez perturbant à voir, quelqu'un qui rêvait. Ou du moins, cauchemardait. La jeune fille se souvenait un jour avoir vu le chien d'un ami à ses parents en train de rêver. Il était couché au sol sur le côté, et semblait tout à fait calme. L'enfant ayant voulu le caresser un peu, elle s'était bien vite  ravisée en voyant la bête agiter ses pattes à toute vitesse dans le vide, d'avant en arrière, comme possédé. La petite, apeurée, était allée chercher la maîtresse du chien pour lui signaler le problème. Cette dernière avait simplement rit de bon cœur face à l'innocence de la petite, expliquant simplement qu'il rêvait. Alyss était tout de même surprise d'arriver à se souvenir aussi clairement de cette petite histoire.

C'est en y regardant plus près qu'elle constata que, même dans son sommeil, il se mordait les doigts. Il les mordait au sang. Bien sûr, elle ne pouvait rien faire, le mieux était de le laisser se réveiller naturellement. La dernière fois qu'elle avait tenté de réveiller quelqu'un en train de faire un mauvais rêve, elle avait manqué de se prendre un poing dans la figure. C'était involontaire, mais elle ne voulait pas risquer de se faire un œil au beurre noir, même si le blond était, visiblement, démuni du moindre muscle.

Il pleurait, saignait et suait. Elle aurait bien voulu lui balancer des glaçons ou un mouchoir mouillé pour l'aider, sauf que le sien était en train de faire trempette sur le toit. Avec un peu de chance, elle le récupérerait, bien que sûrement très sale. Cependant, il ne tarda pas à se réveiller avec plus ou moins de violence, lâchant un cri assez bizarre. Il avait fait des bruits assez étranges toute l'heure qui avait suivie son endormissement, mais celui-là était plus éloquent.

Alyss le regardait de ses grands yeux marrons, inexpressive, comme à son habitude. Elle ignorait toujours comment se comporter avec lui, bien que ce fut le cas avec tout le monde en général. Lui, elle avait plutôt peur de mal faire les choses, il semblait se braquer à chacune de ses paroles, chacun de ses mouvements. Elle était du genre à essayer de comprendre le monde, comprendre les autres, il semblait vouloir fuir tout ça. Son parfait opposé, aurait pu-t-on penser. Mais bon, ils avaient sans doutes des points communs, en cherchant bien. Sans doutes.

Automatiquement, il s'essuya le visage à l'aide de ses manches afin de balayer les larmes qui le recouvrait. Il avait l'air un peu confus, comme si elle venait de le surprendre dans un moment gênant. C'était naturel de faire des mauvais rêves après tout, pas de quoi avoir honte. Peut-être craignait-il qu'elle n'ait vu l'objet de ses peurs, ce qui, humainement, était impossible. Bien qu'elle en rêvait.

Il fourra ses mains dans ses poches en se recroquevillant un peu plus, comme pour cacher ses doigts meurtris. C'était un peu tard, malheureusement pour lui, elle les avait bien vu, lui arrachant au passage un visage anxieux. Ce devait lui faire drôlement mal, tout de même, elle qui se plaignait de la douleur que pouvait lui provoquer un ongle coupé trop court. Puis, comme pour justifier une faute qui pourtant n'avait pas eu lieu, il se mit à déclarer d'une voix penaude

« Euh... C'était un cauchemar... Rien de... »

La brunette cligna des yeux et l'observa sans l'observer, comme si elle regardait au travers de son corps. Comme si elle ne s'en doutait pas et qu'elle n'avait pas assisté à la scène, elle répondit d'une voix monotone :

« Oh. Ah. »

Puis elle se détourna de lui, ne cherchant pas à s'engager plus sur ce sujet qui semblait être un terrain miné. Elle reporta donc son attention sur les nombreuses esquisses qu'elle avait fait avec son fusain, des dessins au réalisme très honorable. On pouvait reconnaître le corps fin du jeune homme qui ressemblait presque à une caricature quand on y pensait. Les cheveux en batailles, la position couchée et, surtout, l'expression grave de son visage, parfaitement transposé sur la feuille. Et pourtant, elle ne semblait pas satisfaite, comme si le résultat n'était pas celui escomptait, et pourtant, quel résultat.

La feuille à bout de bras tendu, elle pencha la tête à gauche, puis à droite, comme si ça allait changer sa vision du dessin. Non, décidément, il ne la satisfaisait pas. Dans un soupir, elle désigna vaguement ses divers croquis sur une autre feuille, représentant le jeune homme dans des positions et expressions différentes les unes des autres, mais toutes avec cette ambiance assez grave et triste :

« C'est vrai que t'as l'air d'avoir un sommeil plutôt agité. . Tu devrais peut-être boire du lait, ou mettre des chaussettes. Il parait que ça favorise un sommeil paisible. Enfin, j'ai jamais essayé alors je peux pas confirmer... »

Elle prit une mine penseuse, l'air de méditer ses propres paroles. Il est vrai qu'elle n'avait jamais essayé de boire du lait ou d'enfiler une paire de chaussettes. Peut-être pouvait-elle essayer d'acheter un attrape-rêve, ou de changer ses draps. Peut-être même que, si elle changeait ses draps unis pour des draps à motifs, motifs d'ours en peluche, elle rêverait d'ours en peluche. Cette idée en tête, elle se mit à plisser les yeux en fixant intensément son propre lit, oubliant presque le présence de son colocataire dans la pièce.



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Kôdai Hayashi
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MessageRe: Contemplation. - posté le Jeu 14 Aoû - 14:29

Contemplation.

   
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Elle répondit simplement.

-Oh. Ah.

Kôdai haussa les épaules en l'observant, le crayon à la main. Elle semblait totalement absorbée par ce qu'elle était en train de faire, mais ça ne suffit pas à éveiller la curiosité du blondinet. Lui aussi dessinait souvent dans le passé, mais c'était vrai que ça faisait longtemps qu'il n'avait plus touché son carnet. Il ne se souvenait même pas s'il l'avait emmené avec lui. Lentement il tendit le bras vers son sac à dos qui traînait en bas du lit. Il avait été tellement gêné rien qu'en prenant celui-ci qu'il ne s'était même pas approché du bureau et de la petite armoire. Et puis il préférait savoir ses affaires en sécurité, bien cachées sous le sommier. Il ressemblait à un ado capricieux en crise, mais tant pis. Il fouilla à l'aveuglette un moment avant de sortir le carnet en question. Il était corné, même taché à certain endroit, ce qui chiffonna un instant le petit garçon qui commençait à le feuilleter, émerveillé. Ses yeux étaient brillants, il avait oublié qu'il avait un si bon coup de crayon ! La quantité de lapin était hallucinante. Il y en avait un toute les trois page, si ce n'est pas plus. Petit, Kôdai avait toujours voulu en avoir un, c'était peut être même encore le cas aujourd'hui. Mais il doutait fortement que les animaux soient tolérés dans les dortoirs.  

Il fit la moue et referma le carnet après avoir tout regardé. C'était dommage, il se serait senti moins seul avec un petit compagnon touffu. La compagnie des animaux était toujours plus agréable que celle des hommes, d'après lui. Avec un peu de concentration, on peut deviner toute leurs intentions. Si nous somme gentil, ils seront gentils. L'homme c'était beaucoup plus difficile. Il releva la tête quand la petite brune prit la parole.

-C'est vrai que t'as l'air d'avoir un sommeil plutôt agité. . Tu devrais peut-être boire du lait, ou mettre des chaussettes. Il parait que ça favorise un sommeil paisible. Enfin, j'ai jamais essayé alors je peux pas confirmer...

Mettre des chaussettes ? Boire du lait ? Il ne comprenait pas ce qu'elle racontait. Jusqu'ici il n'avait jamais fait d'effort pour mieux dormir, mais en même temps qu'est ce qu'il pouvait contre les cauchemar ? Il n'était pas assez superstitieux pour tomber dans toutes ces bêtises d'attrapes rêves ou de sortilèges. Enfin, vu les valises qui lui pendaient sous les yeux, ça aurait peut être toujours été utile d'essayer. De toute façon il ne savait rien sur ces choses là, et hors de question de demander de l'aide : il se couvrirait plus de ridicule que d'autre chose.

Sa colocataire releva enfin la tête de son bureau et leva sa feuille, juste pour qu'il puisse l'apercevoir. Ses pupilles se dilatèrent légèrement quand il aperçu le dessin en question. C'était lui, dans divers position. Elle dessinait sacrément bien, même si ça l'étonnait un peu qu'elle l'ait choisi comme modèle. C'est vrai, sur chaque dessin il avait cet air absent et obscure, rien de très attirant. Enfin elle dessinait ce qu'elle voulait. L'ombre d'un sourire passa sur son visage mais il n'en était pas certain. Il avait faim, son estomac était peut être en train de devenir fou lui aussi. Mais quelle heure était-il ? Rien ne disait qu'il y aurait encore quelque chose d'ouvert. Même si ça avait été le cas il ne serait pas descendu, mais trouver de la nourriture allait être de plus en plus compliqué. Il refourra la main dans son sac et chercha pendant deux bonnes minutes avant d'en sortir ce qu'il voulait.

C'était un vieux sandwich au poisson qu'il avait fait avant de partir. Avec lenteur et méfiance, il le déballa et mordit dedans. Ça faisait mal aux dents. Le pain était tout dur et tombait presque en miettes. Quand au poisson, il sentait mauvais. Le blondinet affala péniblement une bouchée, grimaçant face à ce goût horrible. Il n'avait jamais été doué en cuisine, mais là il était évident que c'était les aliments qui avaient un problème. Déçu et laissé sur sa faim, il le posa négligemment en bas de son lit, par terre.

Ses notions d'hygiène n'étaient pas parfaites non plus, sans parler de sa pudeur. Et il avait entendu dire que les douches étaient toute regroupées, comme dans une piscine municipale. Enfin ses références étaient un peu trafiquées, il n'était jamais allé à la piscine, ni à la mer. Son cœur s'était affolé quand il avait vu " Club de natation " sur sa feuille d'inscription. Mais ce n'était qu'une simple erreur. Discrètement, il enfouis son nez dans ses genoux et inspira un grand coup. Il ne sentait pas vraiment mauvais, c'était son odeur à lui, étrangement froide. On lui avait dit une fois qu'il avait une odeur de bonbon, mais c'était probablement une moquerie, ou un sous entendu déplacé.

On allait pas le traîner de force pour se laver hein ? En attendant il se débarbouillerait au lavabo, c'était très bien pour lui. Il étouffa un bâillement en remarquant que la fille l'avait complètement oublié. C'était mieux comme ça, surtout qu'il n'aimait que très peu avoir l'impression d'être observé. Mais maintenant il n'avait aucune idée de quoi faire de sa journée. Peut être même que sa colocataire avait des obligations, mais qu'il avait été tellement curieux jusqu'ici qu'elle culpabilisait à le laisser tout seul. Mais c'était très peu probable. Et puis s'il cherchait à mettre fin à ses jours à chaque fois qu'il ne retrouvait seul, ça ferait des lustres qu'il ne serait plus de ce monde.

Seul ou pas, il avait toujours faim, et commençait à renoncer à compter le nombre de fois où son ventre s'était mis à chanter. Comment faire ? Il leva sa main et à sa bouche et fourra un doigt dedans, sans vraiment s'en rendre compte. Son ventre grognait de plus en plus, c'était presque sûre que la brune l'ait entendu. Kôdai se resserra, en boule, comme si appuyer dessus allait régler le problème. Il n'aimait pas avoir faim. Ça fait mal. Il se sent mal. Il a besoin d'aide.


   


   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Ven 15 Aoû - 11:40, édité 1 fois
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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Ven 15 Aoû - 0:36




La jeune fille était plongée dans un nouveau dessin, sans rapport apparent avec le Mystérieux Garçon. C'était juste des formes, parfois on croyait voir un oiseau, mais son croquis se transformait en une autre chose bien plus mystérieuse, peut-être un poisson, peut être une fleur. C'était assez difficile à décrire, comme la plupart des tableaux que peignait Alyss, indéfinissable. On lui demandait souvent ce que représentaient ses tableaux et le message qu'elle voulait transmettre. Mais, en général, elle répondait simplement qu'elle l'ignorait elle-même. Elle peignait au gré de ses envies, tout bêtement, sans réel but ou souhait. L'art était une chose si compliquée, impossible à interpréter d'une seule manière, même pour elle. Tout comme elle, en fait.

Un simple bruit la sortit de sa bulle pour la ramener à la réalité une nouvelle fois, toujours dans sa chambre. Il était vrai que, lorsqu'elle était affairée à sa peinture ou ses dessins, il était difficile de communiquer avec elle, aussi bavarde pouvait-elle être à certains moments. C'était pour cette même raison qu'elle n'avait plus beaucoup parlé à son père durant ces quelques dernières années, bien trop occupée avec ses tableaux à longueur de journée, puisqu'il n'y avait que ça pour la rendre heureuse. Peut-être trouverait-elle quelque chose d'autre, un jour. Quoiqu'il en soit, elle se retourna vivement à l'entente de ce simple bruit, tellement prise par surprise qu'elle avait l'expression un lapin prit dans les phares. Elle scruta un instant le blond, cherchant une once de culpabilité dans son regard. Elle avait cru entendre un grognement à vrai dire, mais il n'y avait aucun animal dans la chambre. Juste eux. Et une faim certaine planant au-dessus d'eux. Ses sourcils se levèrent un instant avec étonnement. C'était donc son ventre qui venait de faire ce bruit-là ? C'était humainement possible ça ? Elle constata qu'il avait commencé à se mettre un doigt dans la bouche, comme un petit enfant. Cela aurait pu être amusant mais Alyss craignit un instant qu'il ne tente de le manger pour se repaître. C'était absurde mais elle connaissait une chanson parlant d'une femme qui mangeait de tout et n'importe quoi et qui, à la fin, finissait par se manger elle même en commençant par sa main droite. La brunette eut un frisson dans le dos rien qu'à cette idée plutôt farfelue.

Tandis que son camarade de chambre commençait à se rouler en boule, elle se leva et attrapa son sac de voyage qu'elle avait emporté dans le bus qui l'avait mené au pensionnat, tandis que ses valises étaient dans la soute. Elle avait, de ce fait, emporté quelques en-cas pour la route. Enfin, par quelques en-cas, c'était plusieurs boîtes à repas et de nombreuses pâtisseries. Et pourtant, le pensionnat n'était pas si loin de chez son père. Elle fouilla donc le bagage en jetant un petit coup d’œil furtif par dessus son épaule afin d’apercevoir un espèce de sandwich peu appétissant au sol. Il lui semblait bien avoir senti une drôle d'odeur, semblable à du poisson. Il n'avait pas l'air d'avoir envie de le manger alors que la faim le tiraillait. Peut-être préférait-il le goût de ses doigts. Raison de plus pour lui trouver une friandise...

La jeune fille brandit avec fierté ses deux paquets qui s'étaient faufilés au fond de son sac. Elle en balança un au garçon sans hésiter, laissant le sachet se percuter mollement contre son crâne blond. Comme pour expliquer son geste, elle se justifia rapidement :

«  Tiens, t'avais l'air d'avoir faim. »

Elle retourna s'affaler sur sa chaise inconfortable en commençant à ouvrir son paquet. Elle en sortit l'aliment sucré, laissant découvrir une petite pâtisserie ronde et marron, de la taille de sa main. Elle ne se jeta cependant pas dessus immédiatement, préférant expliquer auparavant sa composition, tentant de rassurer le jeune homme, juste au cas où :

« Je me souviens plus comment on appelle ça. C'est comme une brioche. Du coup tu manges ça comme une brioche, sauf qu'en fait, au centre, il y a du chocolat... »

Elle parlait d'une manière assez étrange, comme pour laisser s'installer une ambiance de mystère au sujet d'un aliment tout à fait banal. À vrai dire, elle semblait presque fascinée par ses propres paroles, redécouvrant presque la friandise qu'elle aimait tant. Immédiatement, elle croqua un bout de la Mystérieuse Brioche Au Milieu Secrètement Chocolaté, savourant lentement sa toute petite bouchée dans sa toute petite bouche. Puis, comme si le goût venait de lui ramener ses souvenirs, elle claqua dans ses doigts en croquant un autre morceau pour s'exclamer soudainement :

« Beignet ! »

Il lui arrivait souvent d'oublier des mots, des noms. À vrai dire, elle oubliait pas mal de choses en général, et pourtant, elle avait une excellent mémoire visuelle quand elle le voulait. Elle avala une énième bouchée de la partie briochée de la pâtisserie pour finalement apercevoir une petite coulée de chocolat qui disparut aussitôt après un beau coup de langue. Avec un petit sourire et une tâche de chocolat au coin de la lèvre, elle lâcha inconsciemment de son sublime accent anglais :

« Hmmm, chocolate... »



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MessageRe: Contemplation. - posté le Ven 15 Aoû - 12:38

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Kôdai sursauta quand quelque chose heurta sa tête. Voilà qu'elle se mettait à lui lancer tout plein de trucs à la figure. Une heure, c'était le temps qu'elle avait tenue avec lui.

-Tiens, t'avais l'air d'avoir faim.

Faim ? Comme si ce petit paquet l'avait assommé, il cligna plusieurs fois des yeux, tenant celui-ci du bout des doigts. Qu'est ce que c'était ? Pas une bombe, à priori. Ne sachant trop que faire, il scruta la jeune fille pendant qu'elle le sortait du plastique. Est-ce que c'était bon ? Ils n'avaient pas vraiment d'odeur, c'était perturbant. Comme si elle lisait dans les pensées du jeune homme, elle expliqua tout rapidement.

-Je me souviens plus comment on appelle ça. C'est comme une brioche. Du coup tu manges ça comme une brioche, sauf qu'en fait, au centre, il y a du chocolat...

La brioche il connaissait. Enfin le nom, il avait peut être goûté ça il y a longtemps, mais impossible de se souvenir de son goût. Il n'osait toujours pas mordre dedans, se contentant de l'observer sous tous ses angles comme pour chercher le piège, mais tout semblait normal. La fille avalait déjà sa première bouchée quand elle s'exclama d'un coup, le refaisant sursauter.

-Beignet !

Beignet...Silencieusement, le blondinet ondula des lèvres pour essayer de le dire à son tour. Il pensa d'abord à le cacher dans ses poches pour faire comme s'il l'avait mangé, mais la faim était trop grande. Prudemment, il entrouvrit la bouche et croqua un petit morceau. C'était étrange, il n'avait jamais mangé ça. Il faillit le recracher, quand une autre saveur envahit sa bouche. Elle était sucré, et...

-Hmmm, chocolate...


Le petit blond écarquilla des yeux. Anglais, elle avait parlé anglais ! Lui qui passait ses journée à travailler son japonais qui ressemblait plus à une langue appris à la va-vite, rafistolée. Elle venait de parler Anglais ! Il reprit une bouchée de son beignet, cette fois plus grosse, une lueur d'admiration dans le regard. Peut-être qu'elle avait choisi Anglais dans ses cours supplémentaire, ou bien elle venait d'un pays anglophone. Mais c'était peu probable. Le blondinet aurait pu la jouer paresseux et lui aussi prendre anglais, mais ça n'aurait servi à rien, si ce n'est se faire remarquer. Il avait passé toute son enfance aux Etats-Unis, sa maîtrise de la langue était naturellement parfaite. Timidement il avala, et leva ses yeux bleus sur elle.

-I have never eaten that.

Il rougit en sentant à quel point son accent américain était marqué. Elle avait peut être juste dit un mot comme ça, sans s'en rendre compte, sans savoir réellement parler la langue. Au moins il serait fixé. Il continua de grignoter son en-cas jusqu'à ce qu'il n'en reste pas une miette. Et c'était rare qu'il fasse le goinfre. Le seul problème, c'était qu'à force de passer des jours sans manger, son estomac avait considérablement rétrécis. Si bien que les rares jours où il trouvait quelques chose de bon, il en mangeait jusqu'à être repus. Et une fois à la digestion, il ne lui restait que ses yeux pour pleurer. Enfin s'il se débrouillait pour en trouver régulièrement, son estomac devrait vite reprendre une taille normale et stabiliser son poids.

Il soupira en passant sa langue sur ses lèvres. C'était tellement bon, il aurait pu en remanger, un ou dix. Mais déjà qu'il allait souffrir, autant ne pas tenter le diable. Déjà son ventre commençait à tirailler dans tout les sens, ce qui lui arracha une grimace de douleur. Mais il se radoucit quand ses yeux se posèrent de nouveau sur celle qui l'avait sauvé de la faim. Et dire qu'il ne l'avait même pas remercier. Un sourire étrange s'ébaucha sur son visage en remarquant qu'elle avait des marques marrons autour de la bouche. Des marques de chocolate. Il pointa prudemment son doigt vers elle.

-Ta bouche.

Il préférait arrêter de parler anglais. Même s'il était très à l'aise dans cette langue, elle lui rappelait une époque douloureuse de sa vie. Maintenant c'était terminé, il n'y avait donc plus de raison de continuer de la parler. Enfin sauf quand c'était vraiment utile, et malheureusement ça l'était souvent. Il se redressa sur ses genoux et s'empara de son carnet qui traînait au bout du lit. La dernière chose qu'il souhaitait était que quelqu'un tombe dessus. Il le planqua sous son matelas, avec toutes ses autres choses qu'il estimait secrète. Elle avait pu le voir, mais ce n'était pas grave, le message était assez clair. Le petit blond n'était pas du genre à s'énerver, mais quand on le cherchait vraiment, ça lui arrivait de disjoncter. Un peu comme dans le couloir tout à l'heure, mais en plus violent.

Il se laissa tomber à plat sur son ventre, la tête enfouie dans le drap. Une fois qu'il avait mangé, tout lui semblait moins pénible. Ça le serait surement aussi pour la fille. La fille sur qui il n'avait toujours pas mit de nom, il aurait peut-être été temps de le lui demander...





   


Dernière édition par Kôdai Hayashi le Ven 15 Aoû - 18:37, édité 1 fois
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Alyss S. Lindon
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MessageRe: Contemplation. - posté le Ven 15 Aoû - 16:10




« I have never eaten that. »

Les yeux écarquillés, les joues rondes comme celle des hamster et du marron autour des lèvres, la jeune fille l'observa avec une tête absolument ridicule. Elle n'avait pas rêvé, il venait bien de parler anglais. Du moins, anglais avec un très fort accent américain, rien à voir avec son subtil accent à elle, purement britannique. Ça l'avait surprise qu'il lui ait répondu dans sa langue maternelle mais, à vrai dire, sa réponse en elle-même était étonnante. Ne jamais avoir mangé un beignet, pour Alyss, c'était comme ne jamais avoir tenu un crayon entre ses doigts : aberrant. Elle en faisait peut-être un peu trop pour une simple pâtisserie, mais tout de même. Ce fut la bouche pleine et une expression estomaquée qu'elle répondit :

« Really ?! »

Elle finit par baisser les yeux tristement vers son aliment, comme si elle était malheureuse pour lui rien qu'à l'idée qu'il n'ait jamais pu en manger auparavant. Il n'y avait vraiment qu'elle pour ressentir ce genre de choses au sujet d'un simple beignet. C'était toute son enfance qu'elle voyait au travers du chocolat coulant, son épanouissement dans le petit pain. Parfois, elle se disait que, à défaut d'être un nuage, elle aurait aimé être une brioche. On aurait pas dit comme ça, mais elle était très attachée à la bouffe.

« Ta bouche. »

Tirée hors de ses pensées, elle leva la tête brusquement en faisant voler ses cheveux de nouveaux secs. Le blond la pointait du doigt d'une façon assez timide, ou méfiante, difficile à dire. Elle dut attendre quelques secondes avant de comprendre ce qu'il lui disait, comme si elle avait oublié quelle partie du corps humain était la bouche. Lâchant un petit "oh", elle s'essuya du revers de la main sans aucune honte ou gêne apparente, faisant disparaître toute trace de chocolat sur son visage déjà sale de peinture. Terminant son petit nettoyage, elle scruta les mouvements du jeune homme sans aucune pudeur, visiblement en train de cacher un carnet sous son matelas. Il avait alors un jardin secret ? La brunette n'irait pas risquer de violer sa vie privée qui, de toute manière, ne l'intéressait pas plus que ça.

Il finit par enfouir sa tête dans ses draps en silence, peut-être pour se rendormir, ou alors n'était-il pas dans son assiette. Cependant, Alyss était bien décidée à "jauger" le garçon sansnom, voir s'il était du côté de la lumière ou du côté obscur, à commencer par cette question si importante. Elle n'avait pas pensé à lui demander plus tôt, n'y faisant pas réellement attention, mais c'est en le voyant dévorer sa friandise avec une telle avidité qu'elle y avait pensé soudainement. Cette question si anodine, qu'elle aurait pourtant dû poser plus tôt, mais ce dont elle n'avait pas réussit, de peur qu'il ne veuille lui répondre. Il semblait pourtant un peu plus à l'aise et, ils savaient tout deux qu'ils étaient camarades de chambres à présent, elle allait donc bien le savoir à un moment ou un autre. Prenant son courage à deux mains, elle posa finalement cette question existentielle à ses yeux :

« T'aimes le curry ? »


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Contemplation.

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