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Air BordeM | | Arthur Madeck

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Mattheus Haubenestel
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MessageAir BordeM | | Arthur Madeck- posté le Dim 15 Fév - 1:43

De fines mains essayaient de réunir des affaires éparpillées sur le sol, elles grattaient le béton à chaque pelletée. La neige était venue se coller à des affaires personnelles : un portefeuille, de la menue monnaie, un petit mouchoir étaient mouillés et glacés. Une jeune asiatique accroupie attrapait sa carte d’identité, voilant ainsi son nom. Mattheus se mordait les lèvres et s’épanchait en excuses : durant sa course son épaule avait heurté une jeune femme trop concentrée sur son écran tactile… elle n’avait pas eu le temps d’esquiver le prédateur. Ses frêles doigts s’étaient contentés de serrer fort son téléphone. Elle s’était ensuite excusée pour son inattention et s’était précipitée sur le sol pour récupérer ses papiers. Mattheus n’avait même pas eu le temps de discerner les traits de son visage, il se baissa pour l’aider, ses cheveux couleur de jais dissimulait son portrait. La jeune inconnue se releva et se mit à courir avec une telle vigueur que Mattheus était encore à genoux dans la neige alors qu’elle s’était éloignée de cent mètres. Tout en se relevant, il ne décrochait pas son regard d’elle, l’Alsacien espérait apercevoir son visage, il attendait qu’elle se retourne. Peut-être aura-t-elle le réflexe de vérifier qu’elle n’a rien perdu dans sa course ? Deux secondes et demie s’écoulèrent lentement avant que la jeune fille ne se fasse absorber par une foule séparant le Japon de la France. Sa vie vient de croiser celle d’une autre sans visage, il n’y a rien de dramatique à constater cela, ce genre de situation arrive régulièrement. Les yeux dans le vide, Mattheus réalisa que cette jeune femme pouvait être n’importe qui. Peut-être s’agissait-il d’une camarade du pensionnat ? d’un professeur ? Elle pouvait être n’importe qui. Finalement, on pourrait imaginer qu’il s’agissait de quelqu’un d’important. Cette personne était-elle bien une femme ? Peut-être qu’il s’agissait d’un homme avec une perruque ? Un homme aux cheveux longs et lisses ? Ce pouvait être aussi un homme aux cheveux longs, frisés mais lissés. Les yeux de Mattheus s’écarquillèrent puis un sourire éclaira son visage, il se tourna vers son ami :

« J’crois que c’était Michaël Jackson, gros ! »

Il ne croyait qu’à moitié à ses élucubrations mais cela lui avait donné la pêche, il était fan du Roi de la Pop. Il était davantage motivé à trouver une table pour prendre un petit en-cas. Aussi, il tenait à s’installer auprès d’une petite source de chaleur car ses vêtements étaient trempés après s’être effondré dans la neige dans la cour du pensionnat – et cela, de la manière la plus pitoyable qui soit. Mattheus avait voulu faire de son mieux pour quitter les lieux du crime mais son short lui collait désagréablement aux fesses. Ses gestes étaient ridicules : l’adolescent courrait comme un cowboy qui serait resté trop longtemps sur son destrier. Il souhaitait que cette pantomime prenne fin : Mattheus se souvenait qu’il avait glissé un jogging dans son sac, il l’avait prévu pour aider un pote mais finalement il en aura lui-même besoin. Avant de trouver un petit coin pour se restaurer il déambulait dans les rues de la ville en compagnie du Miro. Comment s’étaient-ils retrouvés ici ? Ces deux trublions payaient la rançon de leur gloire théâtrale. Une scène guignolesque avait pris place au sein du pensionnat : les jeunes gens avaient profité de la neige pour s’attaquer à un moineau sans défense et pour séduire un surveillant à coup de Carioca. A leur retour, ils devront faire face à leurs détracteurs : il avait justement choisi la fuite par crainte de représailles trop cruelles.

Le short trempé, les pieds dans la neige il levait le menton et aperçut une enseigne appétissante. Il se voyait déjà rentrer au chaud, réchauffé et rassasié. Son regard de gamin attendant son goûter retomba sur Arthur, l’air interrogateur.



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Dernière édition par Mattheus Haubenestel le Mar 30 Juin - 15:59, édité 2 fois
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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Lun 16 Fév - 21:11

Si le bonheur qui a l’air sceptique s’était pointé un peu plus tôt, peut-être qu’Arthur n’aurait pas les pieds autant dans le purin en ce moment. Il serait sûrement en train de boire un café au café, le nez en l’air, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il ne serait certainement pas en train de courir comme un cinglé, manquant à chaque pas de se péter les dents sur la glace. Il n’empêche qu’il arbore quand même ce petit sourire satisfait de gamin qui vient de faire une énorme connerie. De toute façon, c’est juste un petit pipi dans la neige. Ils vont quand même pas leur en chier un cake, ces échecs de blancs-becs qui puent du bec et les raisins secs (lolz, vive la Bretagne). Mattheus prend à gauche et Arthur le suit. Il ne sait pas trop pourquoi, mais il le fait. Si le Breton réfléchissait deux secondes, il devrait se rendre compte que suivre ce type n’est pas forcément une bonne idée. Que c’est même une foutue mauvaise idée. Parce que bizarrement, eux deux, ça ne finit jamais bien. On ne compte plus les bleus, les paires de baffe, les heures de colle ou les plans à la con.

Arthur hésite encore sur l’issue de ce petit pipi. Il a ce foutu pressentiment que ça va finir en cacahouètes. Alors il continue de courir comme un crétin, persuadé de pouvoir échapper ainsi au destin. Le marin ne voit pas assez rapidement son pote décélérer ; la distance est trop courte, il ne peut pas freiner. Les pieds glissants sur les plaques de glace, Arthur s’agrippe maladroitement sur le premier corps venu –celui de Mattheus- et s’éclate lamentablement le cul par terre. Il laisse alors échapper un petit soupir de douleur, continue néanmoins à glisser sur quelques mètres et ne s’arrête que lorsqu’une main secourable immobilise son bassin… De façon très intime, va-t-on dire. Trop abruti pour réagir, Arthur fixe la main qui l’a arrêtée, les yeux écarquillés. Il effectue quelques va-et-vient entre le visage de la jeune femme et sa main très entreprenante, puis se décide d’ôter cette intruse de sa vie privée. Celle-ci en profite alors pour se relever et se barrer en courant. C’était bref mais intense. S’agrippant à ce qu’il peut, Arthur se relève péniblement. Son pote parle de Mickäel Jackson et le Breton s’demande s’il a pas un peu craqué. Encore que, en y réfléchissant un peu, ça se tient : les cheveux noirs de jais, le visage aussi blanc qu’un ventre de serpent, les yeux un peu vitreux, tout y est. Journée De Merde, tiens.

« Pas farouche, le Jackson… »

Un peu dégoûté par cette pensée, Arthur enfonce ses doigts dans ses poches, replaçant discrètement l’engin. Sérieux, c’est dégueulasse. Il se sent un peu violé. Il attrape alors son paquet de clopes et s’en grille une. Toutes ces émotions, c’est un peu trop pour lui. Il va devoir faire beaucoup d’efforts pour oublier, pour que cette intrusion brutale dans sa vie s’efface petit à petit. Il secoue légèrement la tête, les frissons parcourant l’échine, puis se résigner à accepter sa peine. Sourire, même quand les larmes vous montent aux yeux. Il attrape une clope, comme pour se reprendre, puis se décide de suivre son pote à travers les rues de la ville. Ils déambulent pendant quelques minutes, grelottant comme des idiots sous les flocons de neige, matant avec intérêt les différentes merveilles que leur offre la ville. Les cacas secs de chien, les travelots-trans, les lucioles. Il manque une nouvelle fois de rentrer dans son pote lorsque celui-ci se décide à s’arrêter devant une enseigne. Arthur comprend alors qu’il a la dalle et que leur périple s’arrête momentanément ici. Sans se presser, le Breton se plante devant le menu et lit le mot magique, celui de « crêpe ». Il répond alors par un sourire niais à son pote parce que ouais, y’a carrément moyen. Il allait pénétrer le petit restaurant, mais Arthur entend la voix d’une femme à sa droite. Oubliant presque l’appel de la Bretagne, Arthur fait un demi-tour à 90° et se retrouve face à un petit stand de créations artisanales. Vaguement intéressé, le marin fait signe à son pote de venir avec lui et s’approche des œuvres proposées (voir ici). L’artiste lui explique vaguement ce que c’est, il ne comprend rien, alors il se dit que c’est certainement une vision très anticonformiste de ce qu’est une fleur. Il attrape une des petites peluches roses souriantes et la tend à son pote.

« Vieux, t’en penses quoi ? J’pourrais peut-être en offrir à ma frangine ? Ou ma daronne ? »

C’est vrai que pour une fois, il pourrait ramener quelques petits cadeaux du Japon. Les petites intentions comme ça, ça fait toujours plaisir. Il se rapproche un peu plus du stand, intrigué par les petites figurines, fluorescentes selon l’artiste. Il trouve ça vraiment incroyable. Visiblement conquis, le garçon achète finalement une peluche et une figure, avant de complimenter la jeune femme sur la beauté de son art. Ses petits trésors bien serrés sous son coude, le marin jette un coup d’œil vers son poto. Il imagine déjà la tête de sa sœur et de sa mère lorsqu’elles vont recevoir ces petites attentions. Elles pourront plus lui reprocher qu’il ne pense jamais à elles.
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Mattheus Haubenestel
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Mar 17 Fév - 23:21

Mattheus entendait les œufs se craquer un à un lorsqu’il sentit les bonnes odeurs du restaurant. Il retombait alors en enfance : son père faisait tinter le grand plat en verre en tapant la coquille contre le rebord. L’Alsacien se souvient qu’il pouvait attraper une fourchette à deux mains pour percer maladroitement les jaunes qui venaient se mélanger aux blancs et à la farine. Plus il grandissait, plus ses responsabilités étaient lourdes : à l’âge de huit ans il put peser la farine ; à dix ans il aidait à remuer la préparation ; à douze ans il s’essayait au saut d’une crêpe – sous la surveillance de son père bienveillant. Bien qu’il ait été toujours très actif Mattheus aimait examiner la montée de la pâte. Son père mettait en évidence le très grand plat, posé au milieu de la table de la salle à manger. La petite tête blonde tirait difficilement une chaise vers lui, il y grimpait plus ou moins facilement, il s’asseyait et contemplait le résultat d’une coopération entre père et fils. Tout petit, il était à genoux sur la chaise et ses coudes prenaient appui sur la table, son visage était enveloppé par ses mains. Un peu plus tard il pouvait s’asseoir et balancer ses petites jambes. Néanmoins son impatience le gagnait rapidement et il préférait repartir à ses jouets en attendant d’entendre le crépitement si particulier à la cuisson d’une crêpe. Il connaissait par cœur l’odeur et le goût de ce petit plat sans prétention.

Son regard se détachant de l’enseigne, il redescendit sur le visage d’Arthur qui montrait son approbation par un grand sourire. L’Alsace et la Bretagne allaient être réconciliées autour d’une belle assiette. Le jeune homme blond releva la tête et commença à s’engager dans le restaurant. Il avait hâte de se réchauffer autour d’un succulent repas chaud. Ses pas anticipèrent ses pensées : sa main gauche actionna la poignée et il entendit une petite cloche résonner.

« Bonj -… »

Il stoppa net sa réplique alors qu’il pensait tenir la porte à Arthur. Son entrée avortée était due à une petite dame qui avait hypnotisé les côtes bretonnes : les rats ont quitté le navire, le Saint-Michel a perdu son chat, le petit bateau champêtre, la cerise est jouée, la chaise craque un boyau. Excusez, les doigts de l’auteur viennent d’être absorbés par l’anarchie du clavier qui veulent soulever le régime Napoléonien. Mattheus choisit de suivre Arthur, sans retenir une petite moue boudeuse. Le short collé aux fesses, il traina des pieds jusques devant un petit stand bigarré : du rose flashy, du jaune pétant, du noir foncé, du blanc clair. La pie bavarde vendait les mérites de grigris atypiques aux deux jeunes hommes.

« Vieux, t’en penses quoi ? J’pourrais peut-être en offrir à ma frangine ? Ou ma daronne ? »

Mattheus haussa d’une épaule, l’air peu convaincu devant toutes ces babioles. C’était sans doute mieux que rien. Néanmoins l’entrain d’Arthur motiva le jeune sportif qui se mit à fouiner dans son sac à dos : il souleva ses affaires et trouva un petit porte-monnaie noir. Il écarta ses pièces d’euros qui se perdaient dans le flot de yens et sortit assez d’argent pour acheter deux petites figurines phosphorescentes. Mattheus regardait Arthur échanger quelques mots avec l’artisan et espérait qu’il avait terminé ses achats : son estomac criait famine.

Alors que les jeunes gens se dirigèrent vers le restaurant, Mattheus entendit des sirènes qui retentissaient derrière eux ; l’Alsacien avait un pied à l’entrée du Paradis lorsqu’il se retourna pour observer une drôle de scène : le stand où ils avaient fait leurs achats était envahi par une police nippone très efficace. Les agents mirent les menottes autour des poignets de la jeune femme avant de l’embarquer dans un fourgon. Les œuvres d’art furent empaquetées et balancées à côté de la créatrice. Ils doivent être en rogne, ils sont rouges de colère et ils en viennent même à bégayer ! pensa Mattheus. Il resta quelques secondes à observer tout cela et haussa de nouveau les épaules.

« Peut-être de la contrefaçon ? Ça se trouve c’est une copie d’un objet qui vaut des millions. »

Peu importait à vrai dire, il voulait se restaurer, un point c’est tout. Les sirènes s’éloignèrent quand ils entrèrent – pour de bon ? – au Paradis. Mattheus s’avança et demanda une table pour deux : une demoiselle les dirigea vers le coin droit de la salle, à côté de la fenêtre. Il s’y dirigea puis s’arrêta, il fit demi-tour et demanda à la demoiselle où se trouvaient les toilettes.

« J’reviens » lança-t-il à Arthur.

Suivant les instructions de la jeune serveuse, il alla au fond du couloir à droite. Un urinoir et une cabine apparaissaient pas par magie, on est d’accord. C’est pas Poudlard non plus en ouvrant la porte. Il s’isola dans la cabine et put enfin troquer son short trempé pour un pantalon propre et sec. Il fourra son short dans son sac à dos et ressortit soulagé des petits coins. Il revint d’un pas décidé vers la table qui avait été indiquée par la serveuse et ne prit même pas la peine de regarder en face de lui. Il s’assit et attrapa la carte du restaurant.

« Un en-cas ou entrée-plat-dessert ? » lança-t-il à son ami, les yeux rivés sur le menu.

Oui, il était seize heures mais Mattheus était épuisé par ce trois-quarts de journée qui venait de lui dévorer toutes ses ressources énergétiques. En arrivant à sa place, l’Alsacien avait calé son sac proche d’un radiateur, en espérant que le tout ait le temps de sécher pendant la pause.


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Dernière édition par Mattheus Haubenestel le Mar 30 Juin - 16:24, édité 1 fois
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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Mar 24 Fév - 0:46

N’empêche, il se demande bien ce que l’artiste a bien voulu lui dire en parlant de « Manko ». Elle le répétait si souvent, qu’Arthur commence à s’dire que ça peut être important de savoir ce que ça signifie. On sait jamais, ça pourrait mettre à nu l’Origine du  monde ou au moins l’origine de ces petites œuvres d’art. Avec cette lenteur habituelle, Arthur glisse ses mains dans ses poches, salue mollement l’Artiste, puis suis son pote. Il l’a bien assez fait attendre, faudrait pas pousser le bouchon plus loin ; Mattheus peut s’avérer très impatient quand il s’agit de bouffe. Arthur a déjà testé ses limites et il ne tient pas à recommencer. Il se souvient comme si c'était hier de ce jour où, après l’avoir nargué pendant bien dix minutes avec son paquet de BN, l’Alsacien avait réussi à le choper (... je parle du paquet de BN hein, on se calme), suite à un pari stupide. Il avait alors pris sa vengeance en bouffant, devant les yeux suppliant du Breton, toutes leurs réserves de gâteaux. Finis les apéros aux sucreries. Finis les casse-dalles à minuit, après s’être tapés Rambo pour la 696969e fois. Finie la collation de dix heures dans la cour de récré où, autour d’un BN, ils répètent leurs répliques préférées de Rocky. Finie la rrigolate ! Ils avaient dû jeûner pendant près de deux semaines. A l’évocation de ce funeste épisode, Arthur se presse un peu plus derrière son pote. Il ne jette qu’un vague regard vers l’arrière lorsqu’il entend des sirènes raisonner dans la rue. Incrédule, il suspend ses gestes pour mieux observer les flics sauter sur la chouette poulette coquette à couettes. Il oublie de se demander si c’est normal ou non ; de toute façon, il acquiesce déjà la tentative d’explication de Mattheus. Il se contente de se dire qu’ici, ils rigolent pas avec les babioles. ‘sont si tendus, ces Japonais.

Ses petits trésors illégaux sous le coude, Arthur entre dans le restaurant, se sentant comme un pirate dont il ne faut pas découvrir la véritable identité. Il observe lentement la salle de réception, reconnaissant une petite odeur familière, puis s’assied à la table désignée par la Charmante Petite serveuse. Il s’y installe tranquillement, dépose consciencieusement son manteau sur le dossier de sa chaise, puis s’aperçoit enfin que son pote n’est pas là. Buggant un peu sur son absence, il jette un regard vers sa droite, puis par-dessus son épaule. Disparu ; et glaires et thonaires. Pas plus perturbé que ça, Arthur décide de passer le temps à ce fameux mot qu’il ne comprend pas. Délaissant momentanément son flegme habituel, il sort ses petites figurines sur la petite table et s’affale sur les avant-bras, comme pour mieux les admirer. A mieux y regarder, on dirait presqu’un fruit. Elle avait dit comment, l’Artiste illégale déjà ? Manko ? Ca ressemble pas mal à « mangue », quand même. Se demandant vaguement si ce mot ne serait pas une déformation du français, comme les Japonais le font souvent, Arthur vient à la conclusion que ça doit bel et bien vouloir dire « mangue ». Parce qu’il n’y a pas de raisons pour que ce ne soit pas ça. Il ne cesse ses divagations que lorsqu’il entend la serveuse se glisser à ses côtés. Tout sourire, il relève le nez vers elle.

« C’est possible d’avoir du jus de manko? »

Il aurait bien continué à sourire, si la serveuse ne s’était pas figée littéralement. Pigeant pas trop sa réaction, Arthur se dit que ça doit être parce qu’il n’a pas soumis sa requête assez poliment que ça ne passe pas - si j’ose dire. Il décide alors, dans son japonais laborieux, de rectifier le coup. Il ne voudrait pas indisposer plus longtemps la petite serveuse, vous comprenez. « Manko ? S’il vous plaît ? ». Il finit à peine sa phrase que la jeune fille lui balance les menus à la tronche et détale comme un lapin. Trop lent pour esquiver quoique ce soit, Arthur se prend les projectiles de la jeune fille en plein visage, complètement abruti par la situation. Putain, c’est quoi ce pays ? Et c’est quoi cette meuf ? C’est un ninja ou quoi ? Une fois encore, il bug un peu, puis attrape un mouchoir et se tamponne le bout – du nez, hein. Il y jette ensuite un coup d’œil ; c’est bien ce qu’il pensait, il saigne. Ces Japonaises, des vraies sauvageonnes (HS : oui, j'aime bien ce mot).

« Un en-cas ou entrée-plat-dessert ? »

Arthur sursaute. Cette voix lui est familière. Il jette un regard devant lui et ne voit personne. Euh. C’est quoi le délire, là ? Il entend des voix, maintenant ? Peut-être que la sauvage a tapé plus fort qu’il le pense, finalement. Ou alors, il a perdu beaucoup trop de sang et il est simplement en train de crever. Il jette un nouveau regard vers son mouchoir et oui, peut-être qu’il est en train de crever.  Et comme si cette explication était tout à fait recevable, il ne parvient à répondre que par un vague :

« … Jésus ? »

Il déconne totalement. Et il se rend compte de sa connerie que lorsqu’il appréhende un regard par-dessus son épaule. La tête blonde derrière lui ressemble à s’y méprendre à Mattheus. C’était donc pas Jésus qui lui parlait. Mais pourquoi son pote est assis à une autre table ? Et puis, c’est qui la personne avec lui ? C’est quand même pas… Lui ? Mais attends, ça voudrait dire qu’il s’est désincarné (comme un ongle incarné, mais en différent) ? Comme pour vérifier son hypothèse, il se palpe l’épaule. Non, il est encore réel. Alors pourquoi son pote est à l’autre table ? Besto’, tu fais la gueule ? Sans se presser et faisant bien gaffe de pas se foirer, il se lève et attrape sa chaise. Il  s’installe ensuite lentement à la table de son pote et de l’illustre inconnu. Il s’demande vaguement où ils ont bien pu se rencontrer, mais se contente d’hausser les épaules. Il posera ses questions plus tard : place aux crêpes. Un serveur se glisse d’ailleurs à leur hauteur et Arthur commande le premier truc qu’il parvient à lire. Aucune idée de ce que c’est et, en fait, il s’en fout. Il est plus intéressé par le type de devant, le pote de Mattheus. Il a l’air complètement défoncé, un peu clodo sur les bords et au moins tout aussi con qu’eux. On dirait presque une version (encore plus) dégueulasse d’Arthur. Oui, c’est possible.(Stan ? /shot) Et comme il a l’air tout aussi pommé que lui, le Breton se permet de faire claquer ses doigts devant son regard mort. Aucune réaction. Eh beh.

Il n’a pas le temps d’essayer autre chose que le serveur arrive avec un bol de… De quoi, en fait ? Il sait pas trop, ça a une couleur plutôt blanchâtre. Interrogateur, il observe la texture et ne comprend pas plus. C’est quand même pas ça, leurs crêpes ? L’œil suspect, comprenant pas trop ce que le serveur veut leur dire, Arthur attrape le bol et le tend vers Mattheus. Il plonge ensuite ses doigts dans la texture, pensant que c’est sûrement ce qu’il faut faire. Il amène ensuite la texture à ses lèvres, goûte et fait une légère grimace.

« Manque un peu de cuisson… Tu trouves pas ? »

C’est vrai qu’elles ont un drôle de goût. Peut-être qu’il aurait dû se laver les mains, en rentrant dans le resto, au final (Putain. /shot).
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Mattheus Haubenestel
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Dim 1 Mar - 22:41

Vous vous souvenez de la gueule que vous tiriez quand vous essayiez de lire dans votre tête à l’époque où vous étiez gamin ? Les yeux louchaient sur le livre de lecture et vous étiriez la bouche dans tous les sens en tentant de ne faire sortir aucun mots. Les lèvres mimaient la prononciation mais les cordes vocales ne vibraient pas, votre tête se tournait légèrement sur la gauche et une main venait essuyer votre front… Non ? Eh bien, imaginons que vous vous en souvenez car il s’agit bien là de l’expression de Mattheus au moment où il s’aventure à déchiffrer le menu du restaurant. Concentré, il scannait le moindre signe Japonais et le comparait à sa banque de donnée cérébrale. Notre pauvre ami était plus doué à l’oral qu’à l’écrit : un son, c’est un son ; mais un kanji peut signifier différentes choses si un petit trait dépasse d’un demi-millimètre. Son regard restait absorbé par les cinq lettres occidentales au centre de la carte : « PARIS ». Après une longue réflexion, il opta pour cette formule, en espérant qu’il s’agisse d’un menu complet. En voyant arriver le serveur il abaissa sa carte et aperçut du coin de l’œil que le Miro était à sa gauche ; n’était-il pas en face ? Peu importait, il adressa au jeune serveur sa demande d’entrée – plat – dessert qui serait parisien, néanmoins il précisa qu’il souhaitait que les plats soient servis tous en même temps. Mattheus avait pour habitude de manger rapidement et il n’appréciait pas le temps d’attente entre chaque service. Après ces mots, le serveur grimaça un peu mais fit mine de comprendre sa commande, il repartit en cuisine.

Le Breton claquait des doigts devant le visage de l’illustre inconnu. Mattheus laissait son regard voguer entre les deux jeunes gens : l’un était mal fagoté et l’autre avait semble-t-il saigné du nez. Le coq sportif fronça des sourcils ; le saignement de nez n’était-il pas le signe d’un désir extrême ? En effet, avant de partir au Japon Mattheus s’était documenté sur la culture japonaise en lisant un maximum d’encyclopédies illustrées, les plus connues étant celles intitulées Naruto, One Piece, GTO. Ainsi, ce blondinet, en confondant encyclopédie et manga, il conclut que la démonstration de l’excitation variait selon le pays où l’on était : ici, elle s’exprimait par une hémorragie nasale incontrôlée. Se pourrait-il alors qu’il se soit passé quelque chose entre Arthur et ce jeune homme étrange le temps d’un changement de pantalon ? Les cheveux gris du nouvel ami du Breton étaient dépeignés, il appuyait son visage d’un bras accoudé sur la table et sa main tenait une étoffe qu’il étirait jusqu’à son œil gauche. Sans doute était-il grippé, les Japonais font partie des rares personnes à être assez intelligents pour se couvrir d’un masque lors d’une maladie contagieuse. Ainsi préservent-ils les autres d’un rhume interminable. Mattheus, en tendant l’oreille, pouvait entendre que le jeune homme marmonnait sous son étoffe mauve : « un jour je la terminerai, un jour je la terminerai, un jour je la terminerai ». Les yeux écarquillés, l’Alsacien se dit que l’amant du Breton était des plus curieux or il se retint de faire le moindre commentaire et plongea ses mains vers le siège. Il était un peu mal à l’aise mais ne préféra rien dire, il se contenta d’adresser un rapide sourire un peu gêné à Arthur.

Mattheus entendit le bruit des plats s’entrechoquer lorsqu’il aperçut le serveur s’approcher de leur table. Il déposa la boustifaille devant les Français et Mattheus lança une sorte de :

« ABRACADABRA ! » en guise de politesse au lieu du traditionnel « Itadakimatsu ».

L’Alsacien attrapa ses couverts mais se retint de commencer par ce qui semblait être une entrée lorsque Miro-la-taupe lui tendit son bol.

« Manque un peu de cuisson… Tu trouves pas ? »

Mattheus observait ce plat visqueux. Décidément, les Bretons n’étaient pas comme les autres. La couleur de cet engin oscillait entre le jaune et le marron. C’était ravissant. Le plat était inodore et vue la tête du goûteur il semblait que cette viscosité eut un goût immonde. Ce machin semblait hypnotiser l’Alsacien qui repensa à un souvenir vieux d’une bonne douzaine d’années. Il ne savait plus où se situait la scène, mis à part qu’il s’agissait de la France. Les parents de Mattheus l’envoyaient toujours dans des camps de vacances à droite-à gauche et il se visualisait tout gamin, tenant la main d’une camarade : tous les élèves marchaient en rang deux-par-deux. Ils se promenaient avant d’arriver sur un paysage un peu curieux que l’on pourrait définir comme étant « une plage ». Le sable et les cailloux roulaient sous les petons des enfants, magnifiquement dirigés par une grande dame brune à l’air sceptique strict. Si le futur sportif était ce jour-ci assez calme et discipliné ses petits camarades, eux, étaient très agités. Chacun d’entre eux avait hâte de courir dans l’eau chaude. Le téléphone de la dame sonna et son attention se détourna des bambins pendant quelques secondes. Un petit trublion en profita pour lâcher le rang et courir vers l’eau : son élan encouragea d’autres gamins à déserter le corps de l’armée. Lorsque la dame se rendit compte que le seul élève qui restait planté derrière elle n’était pas moins que Mattheus, elle laissa tomber son téléphone dans le sable et rougit en même temps qu’elle hurla :

« REVENEZ ICITTE IMMÉDIATEMENT ! »

Les déserteurs stoppèrent net leur course effrénée et revinrent, l’air penaud. Le visage braqué sur le sol ils s’approchaient de la dame en chouinant. On entendait des petits murmures « moi j’veux l’eau… ». La dame avait le visage serré et les dents du haut étaient appuyées sur celles du bas, rien ne desserrait. Une petite fille attrapa la main de Mattheus et lança au petit blond une mine sévère « t’es pas v’nu ? » « nan, j’ai un caillou… ça fait bobo », répondit-il en levant la petite jambe gauche. Leur discussion fut interrompue par une jolie voix gueulante.

« CA SUFFIT. ASSITEZ-VOUS ET SILENCE ! »

Le petit Mattheus était alors soulagé, il s’assied sur le sable et ne sentit plus le petit caillou qui lui faisait mal. Les enfants restèrent assis douze longues minutes. Certains pleurèrent, d’autres chantonnèrent et une dernière partie ne disait rien. L’Alsacien regardait la flotte au loin et jouait avec ses mains. L’étendue d’eau n’était pas si belle : elle était parfois marron, parfois jaune. Le petit blond n’avait jamais beaucoup aimé l’eau, il préférait la terre ferme. Elle est moins sale, moins visqueuse et l’on ne ressort pas trempé quand on est assis sur des petits cailloux.

Ainsi la soupe du Miro lui faisait penser à cela, à cette étendue d’eau pas très jolie. Il ne savait plus où il avait passé ses vacances mais ce n’était sans doute pas dans le sud. Il était presque sûr qu’il s’agissait de la France et il hésitait entre deux zones géographiques. Il avait beau y réfléchir, il ne retrouvait pas le nom de cette fichue plage. Peu importait, il releva la tête vers Arthur et lança d’un air dégoûté :

« On dirait un rince-doigt, gros. »

Il voulait alors tendre un de ses trois plats au Breton mais il hésitait : l’entrée était une sorte de quiche sans crème, sans lardon, sans pâte ; le plat était une viande en sauce dans une assiette où il était dessiné la Tour Eiffel ; le dessert était un petit bout de quelque chose, de la taille d’un sushi et avait la couleur d’un carré de chocolat. Peut-être s’agissait-il d’un carré de chocolat. Quoi qu’il en soit, l’odeur de crêpe qu’il avait senti était fausse. L’Alsacien s’était trompé, peut-être était-ce à cause d’une certaine nostalgie, d’un mal du pays. Avant de proposer à Arthur, il goûta chacun des plats pour essayer de déterminer la nature des plats.

« Sinon, tape dans mon repas. Quiche, pigeon ou mini-tarte ? »

Un sourcil relevé, il observa le Miro. Il attendait qu’il fasse son choix. Pendant ce temps, le copain du Miro leva sa main droite et gardant debout son index et son majeur accolés, il fit signe au serveur. Quelques secondes plus tard, le même serveur se précipita pour lui amener une crêpe. Une magnifique crêpe.

C’est alors qu’un déclic inconscient se fit : Trescadec. Gamin, il avait vu la plage de Trescadec.

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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Jeu 5 Mar - 0:46

Arthur se gratte la joue ; y’a pas à chier, son bonheur se contente d’être sceptique aujourd’hui. Incertain de vouloir avaler ce liquide à l’apparence douteuse, le Breton jette un coup d’œil aux plats de l’Alsacien. Visiblement, ce n’est pas mieux. Il soupire et repousse son bol vers le centre de la table. Il aurait dû se douter que les restaurateurs allaient se venger ;  la petite serveuse est certainement allée se plaindre et raconter aux autres, avec sa petite voix fluette : « Ce connard m’a emmerdé ». Devrait-il leur rappeler que c’est elle qui a versé le Premier Sang ? Peu importe, le mal est fait et ils sont condamnés à cette bouffe qui n’a que le nom de français. Il soupire un peu plus ; il donnerait n’importe quoi pour un repas bien franchouillard. Une raclette, un gratin dauphinois, une galette bretonne, une tarte tatin, ou une toute petite tartine de roquefort. Et même un seul bonbon au caramel salé ou un petit pruneau échappé d’un far breton, il s’en régalerait mille fois. Le marin jette un nouveau regard vers son plat et il lui paraît encore moins appétissant. Cependant, trop poli pour cracher dans la soupe (LOLZ) il se décide à tremper son ustensile dans le liquide et… on pagaie, on pagaie. Ok, c’est hors-sujet. Du bout des lèvres, Arthur goûte de nouveau le mélange. Ca a comme un goût de pommes.

« On dirait un rince-doigt, gros. »

Arthur interrompt quelques secondes son geste, le regard perdu quelque part dans le supposé rince-doigt. Son hypothèse se tient. « Ah. ». Egal à lui-même, c’est tout ce que le Breton parvient à prononcer pour formuler son désarroi. Néanmoins, un peu soulagé de ne pas avoir à manger ce liquide immonde, il repose sa cuillère et refuse l’offre de son pote d’un hochement de tête. Pour tout dire , ce qu’il se passe dans l’autre monde, c’est-à-dire à sa gauche, est bien plus intéressant mais beaucoup moins drôle. Il remarque à peine que le serveur dépose son plat -le vrai- sous son nez, il ne voit que la crêpe de l’illustre inconnu. Il jette alors un regard vif à Mattheus et Arthur comprend que, par-devers eux, ils en ont terriblement envie.

Après avoir signalé au serveur l’objet de leur désir ardent, Arthur s’assise confortablement au fond de sa chaise. Il peut maintenant s’attaquer à son repas ; il s’agit d’une assiette de fruits de mer et le marin se félicite intérieurement de ne pas avoir suivi le pari de l’Allemand. C'est toujours mieux que se farcir un pigeon. Du regard, il analyse son assiette et compte six huîtres, neuf crevettes, douze moules, un tartare de saumon et deux pinces de crabe.


« Debrit ervat ! *» (*bon appétit)

Et il se lance dans les moules, profitant qu’elles soient encore chaudes (la finesse, toujours). Rapidement, il conclut que leurs fruits de mer ne valent pas ceux qu’on trouve chez lui, mais Arthur ne s’en formalise pas. En fait, il mise tous ses espoirs sur les krampouezh (en français : crêpe). Il s’attaque ensuite aux crevettes et imagine déjà le bol de cidre, traditionnellement servi avec les crêpes. Mieux : un petit canon de chouchenn. Songeur, il repense à la légende du vieux Le Garrec. Selon ses dires, aux temps de Merlin, le chouchenn était tellement fort que deux verres suffisaient à foutre à terre un marin. Le Garrec raconte que c’est parce que les druides, manipulés par la beauté des sirènes Morgans, inséraient du venin d’abeille dans la boisson. Cet ingrédient magique, paralysant le cervelet -partie du cerveau nécessaire pour maintenir son équilibre-, les marins-pécheurs s’écroulaient à la sortie du bar, sur le bois pourri des quais. Les Morgans profitaient alors de la situation pour agripper le corps des matelots et les entraîner avec elles au fond de la Mer, provoquant au passage de terribles tempêtes. Et si aujourd'hui, le chouchenn n'a plus ce caractère aussi violent, Arthur ne peut s'empêcher de se demander, à chaque tempête, combien de marins se sont faits choper par les Morgans. Et combien de chouchenn ils se sont sifflés pour tomber si facilement dans leur piège.

Les gestes en suspension, Arthur perd son regard quelque part entre deux crevettes. Il est parti dans son monde, y'a plus rien à faire. Il oublie complètement de manger, zappe carrément qu'il est sur Terre et que par politesse, il devrait faire semblant de tenir une discussion. Il oublie tout ça. Il pourrait y avoir un type avec un lance-roquette qui s’éclate à tirer sur un anarchiste du rasage, qu’il le remarquerait même pas.  
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Mattheus Haubenestel
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Dim 8 Mar - 2:25

Les odeurs des plats français flirtaient avec les narines du franchouillard blondinet. L’aspect du repas était peu ragoûtant mais c’était un risque à prendre quand on commandait français dans un restaurant japonais. Mattheus, qui attendait le choix d’Arthur, se rendit compte qu’il était probable que son repas n’attirait guère ce Breton bien buté. Ce-dernier préféra sa riche assiette de crustacés.

« Debrit ervat ! »

« Ouais, pareil » répondit-il du tac-au-tac. »

Mattheus déplia la serviette blanche sur ses genoux avant d’entamer l’entrée jaune-flashy à la texture molle. Le goût n’était pas si mauvais et la chaleur du produit réchauffait le cœur de l’Alsacien affamé. Sur une fenêtre à droite on pouvait apercevoir que la neige ne cessait de tomber : elle ensevelissait les voitures et quelques passants marchaient comme des bambins pour éviter de glisser sur les chemins de neige piétinée.

En face, le jeune homme au visage voilé ne touchait pas à la crêpe qui venait de lui être fraîchement servie. Il se passait la main dans sa tignasse grise et il ne daignait parler à Arthur. Mattheus en vint à se dire que les deux hommes étaient véritablement en froid. Par ailleurs, le jeune Britannique (oui, tu m’as traité d’Allemand, je te traite de Britannique.) ne mangeait pas avec enthousiasme, son regard restait dans le vague sans même toucher à son plat.

Les yeux de l’Alsacien faisaient des allers-retours entre les crevettes et le Miro. Mattheus trouvait dommage qu’il ne profite pas de goûter bien chaud. Le goût des aliments est différent lorsque le plat est froid. En observant davantage l’assiette d’Arthur, le jeune homme blond se rendit compte qu’il y avait deux pinces de crabe parmi les crustacés, il se mit alors à froncer les sourcils. Arthur ne craignait-il pas les crabes ?

Mattheus se souvenait d’une soirée où les deux jeunes gens avaient fêté une bonne note en mathématiques de l’Alsacien. Ayant atteint la glorieuse note de huit sur vingt, il avait réussi à doubler sa précédente note, ce qui, à ses yeux, méritaient un joyeux verre de vin en ville. Néanmoins les festivités avaient duré plus longtemps que prévu et les jeunes Français avaient engloutis plusieurs verres au cours de la soirée. Ils en étaient venus à jouer à « Action ou vérité », le Breton avait choisi « Vérité » et le Einstein des temps modernes lui avait demandé ce qu’il craignait le plus. Accoudés au bar, leurs voix s’engluaient, la bouche de Mattheus s’empâtait, ses gestes n’étaient plus calculés et ses yeux commençaient à loucher. C’est dans ces conditions – pathétiques – qu’Arthur lui avouait qu’il avait peur « des crabes ». A cette réponse, l’Alsacien écarquilla les yeux. Comment pouvait-on craindre un crustacé aux yeux minuscules et qui marche de côté ? Il déglutit péniblement et se demanda si cette phobie pouvait être handicapante. Il ne disait rien mais son visage faisait une gymnastique grimaçante. Son front se pliait, ses yeux faisaient des ronds et sa main frottait ses joues. Puis une lueur naquit dans son œil ; il leva son index, et il comprit dans quelles conditions cette peur pouvait être gênante. Son esprit ne faisait plus aucune phrase, son chemin de réflexion pouvait se résumer de la sorte :
Arthur=Breton=Bateau=Marin=Bateaux=Poissons=Crabes.

Ainsi, Mattheus restait perplexe à voir Arthur commander des pinces de crabe. Peut-être avait-il peur de la tête du crabe et non des pinces ? Pendant ce temps, le mec en face ne réagissait toujours pas. Quelle était cette tendance ? Pourquoi tant attendre avant de manger ? Non, décidément, Mattheus ne comprenait pas. C’était peut-être une tradition japonaise qu’il ignorait ? Soudain l’Alsacien eut une idée sournoise. Un sourire fendait ses joues et il attrapa l’une des pinces, il approcha l’engin du Breton et était à quelques millimètres de sa joue. Mattheus s’arrêta de mâcher et se demanda quelle allait être la réaction de son camarade.
L’Alsacien déglutit avant de décider d’attirer l’attention d’Arthur par une magnifique onomatopée :

« Bouh. »

Son sourire s’agrandissait et il se retenait de rire comme un benêt.
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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Lun 9 Mar - 0:11

Arthur n’aperçoit même pas la neige qui tombe. Il est à mille lieues de ce monde, est déjà en train de flâner entre les nuages qui obstruent son regard. Il a délaissé les histoires du Vieux pour les remplacer par les falaises de Plogoff. Il se revoit môme lorsqu’il s’éclatait à les escalader, sent de nouveau l’odeur des embruns de l’eau et réentend les cris de sa grand-mère pour l’avertir que le dîner est servi. Il se remémore l’odeur des crêpes du dimanche soir où, après quelques verres de cidre, Le Garrec et son grand-père commençaient à raconter des récits de mer parfois beaux, bien souvent douteux. Il revoit sa sœur s’endormir sur la table, le nez dans son assiette, tandis que sa mère les réprimandait, son père et lui, pour leur fâcheuse tendance à rêvasser à l’unisson, au détour d’une conversation. Arthur sourit dans le vide et oublie un peu plus qu’il est assis dans un restaurant. La Bretagne, la Mer, les ports, toute sa vie de Breton paumé commence à vraiment lui manquer.

Un truc s’agite sur le côté et Arthur retombe de ses nuages. Il heurte de plein fouet le sol et réalise soudainement que la Bretagne est vraiment loin. Alors, il soupire légèrement et tente un regard vers la droite. Il entend vaguement le son que Mattheus produit, se concentrant davantage sur la patte du crabe qu’il tend vers sa joue. Arthur pige pas trop ce que l’Allemand essaie de lui faire comprendre, alors il sourit un peu bêtement, comme à chaque fois qu'il ne comprend pas. Il attrape ensuite la deuxième pince et fait mine de défier son pote. S’improvisant donc Chevalier de la Table Cachay, Arthur défie son pote en duel. Il allait faire gicler le premier sang, mais quelque chose s’agrippe à son bras en criant : « PAPAAAAAAA ! ». Surpris, le Breton suspend ses geste, jette un coup d’œil vers le bas et aperçoit une petite gamine coiffée de petites couettes brunes. C’est quoi ce délire ?

Figeant légèrement, Arthur oublie son combat de crabe et fixe la petite gamine. A vue de nez, elle a deux piges. Le pouls du Breton s’accélère légèrement lorsque la jeune fille lève ses grands yeux vairons vers lui et réitère sa petite crise en l’appelant "papa". Il jette un regard un peu paniqué à Mattheus, l’air de dire : " J’comprends pas... Je suis papa ? ", puis tente de virer l’intruse de son bras. Y’a pas moyen, il veut pas de ce gosse agrippé à son bras. Il est trop jeune pour ces conneries. Une main attrape finalement la gamine et Arthur peut relever le nez vers son bon samaritain. Il découvre une petite brune, le regard hagard, vide, presque sans âme et le teeshirt dégueulassé par la Bave des deux Bambins Bien Blottis dans ses Bras. Putain, y’en a trois en plus ? Respirant un peu plus difficilement, Arthur sent la chaleur monter à ses joues. Il n’est plus sur Terre là, il est carrément descendu jusqu’aux Enfers.

Il a l’impression de recevoir un bus en pleine tronche. Il ne sait pas trop comment réagir, s’il doit crier au complot ou accepter tout simplement le prix à payer pour ses conneries. Ça lui apprendra à jouer l’idiot tiens, à coucher n’importe où, avec n’importe qui, dans n’importe quelle condition. Fallait que ça arrive tôt ou tard. Trop lâche pour dire quoique ce soit, Arthur se contente de garder le silence et d'observer les créatures qu’il a créées. Il cherchait le moindre petit signe qui confirmerait sa non-paternité, quand l’inconnu assité à sa gauche le frappe doucement sur l’épaule. L’esprit encore trop embrumé d’avoir été malmené par ces trois flots, Arthur peine à saisir les mots que lui adresse l’inconnu. Il comprend vaguement que ces enfants ne sont pas les siens et ça, ça lui suffit amplement. Remerciant tous les dieux du panthéon grec, le marin reprend doucement sa respiration, et observe distraitement la joyeuse petite famille s’installer plus loin, ravissant au passage leur compagnon de table silencieux. C’était moins une, putain.

« Wow. J’ai eu chaud, vieux… »

La respiration encore un peu vacillante, Arthur reprend là où il s’était arrêté. Il s’attaque à nouveau à son assiette en silence, laissant à Mattheus le choix de s’attaquer à un récit exalté de ce qu’ils viennent de vivre ou, à défaut d’avoir à commenter quoique ce soit, de piocher dans son assiette comme il lui plaît. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il remarque que dehors, il neige. Distraitement, il se demande si le pion s’est réveillé, s’il a donné l’alerte dans le pensionnat. D’un mouvement de tête, il rejette cette pensée. Il veut même pas savoir, en fait.

Les assiettes terminées, Arthur sent l’impatience alourdir ses gestes. Elles vont bientôt venir, elles vont bientôt s’imposer à lui, bientôt ils ne feront qu’un.
Et finalement, Elles arrivent. Le regard pétillant, Arthur saute dessus pour les sentir, pour renifler les effluves qui en échappent. En un instant, il tombe sous le charme : leurs petits parfums de vanille, relevée par un fin arôme de fleur d’oranger et une pincée de miel le font complètement chavirer. Projeté dans ses souvenirs de Bretagne, le sourire coincé sur les lèvres, Arthur attrape une crêpe et la place dans son assiette. Y’a pas de Chouchenn, mais il s’en acommodera. Entrant dans un de ses rares moments d’ « hyperactivité », Arthur attrape une crêpe et s’attèle à la décorer, comme ils font chez eux avec la première crêpe. Dessinant deux yeux, un nez et une bouche, Arthur place ensuite la crêpe sur sa tronche et s’éclate à mimer le cri du Monstre des Crêpes :


« Rourouuuute ! Rourouuuute ! »

Et Arthur se met à rire, comme le fier idiot qu’il est. Il replace sa crêpe dans son assiette, pensant distraitement à son père. Après tout, c’est à cause de lui que cette vieille tradition est née. Incapable de se souvenir s’il a déjà touché un mot de cette tradition familiale à son pote, Arthur jette un regard vers Mattheus et conte, avec sa lenteur habituelle, son petit bijou de famille :

 « Quand j’étais gamin, mon père faisait toujours ça avec les crêpes. Il disait que c’était pour rendre hommage aux monstres des crêpes, pour éviter qu’il nous inflige un mal de ventre après avoir trop mangé de crêpes et trop bu de cidre. Ma sœur avait tellement peur de ce monstre que pendant quelques années, elle a refusé d’en manger. Du coup, pour se moquer d'elle, le Monstre est devenu une tradition chez nous. »

A l’évocation de ce souvenir, Arthur se met à sourire, puis se concentre à plier sa crêpe après y avoir versé quelques litres de chocolat. A défaut d’avoir du cidre, il se contentera de ça. Il sent déjà le mal de ventre arrivé, mais il n’y prend pas gare. Après tout, il a honoré le Monstre en lui dédiant la première crêpe, tout devrait bien passer - si j'ose dire.
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Mattheus Haubenestel
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Ven 13 Mar - 15:23

Mattheus défiait magnifiquement Arthur en duel par sa pince de crabe. L’Alsacien ne savait pas comment un sombre sang mêlé mi-Anglais mi-Viking et encore mi-Britannique derrière pouvait réagir en cas de peur panique. Curieusement, le Miro réussissait à contenir sa phobie, à tel point qu’il attrapa l’autre pince de crabe pour combattre mollement le jeune sportif. Concentré sur son combat, Mattheus ne remarquait pas les agitations infantiles qui tournaient autour de lui, le premier qui touchait l’autre gagnait un point… L’Alsacien gagna en quelques nanosecondes. Potion anti-tout, ma gueule. Le jeune homme redéposa son arme dans sa mallette son assiette.

C’est en reprenant une portion du plat chaud qu’il se rendit compte que du monde s’agitait autour de son collègue : une gamine lui tirait la manche et désespérait de ne pas être reconnue par son propre géniteur. Vu le nombre de gosses entourant cette pauvre dame il semblerait que l’adolescent allait raquer sévère pour la pension alimentaire.

« J’espère pour toi que t’as de la thune de côté. »

Néanmoins l’ami d’Arthur lui sauva la mise en se sacrifiant. Il était le soi-disant père de toute la marmaille mais Mattheus trouvait qu’il y avait tout de même une certaine ressemblance entre la petite et le perdant du duel à la pince de crabe. Mais il valait mieux pour la gamine qu’elle ne connaisse pas la véritable identité de son père à la mémoire trouble et au slip ravageur. A ses soixante-dix ans il croulera vraisemblablement sous les dettes de pensions ! Les vibrations d’un téléphone portable extirpèrent le blondinet de toutes ses élucubrations sur l’avenir d’Arthur : il attrapa son engin et déglutit en lisant ces deux syllabes : « Papa ». Mattheus n’osa pas répondre immédiatement, il préféra attendre le message vocal de son père.

« Ya une couille dans le potage. » Murmura-t-il.

Le paternel à l’accent alsacien résumait la situation chaotique dans laquelle l’adolescent s’était fourré. Le pensionnat venait de joindre monsieur et madame Haubenestel pour signifier du caractère « puéril et dangereux » de leur propre fils. Le message était parlé et non hurlé mais les remarques n’en devenaient que plus cinglantes, il terminait sur ceci : « qu’est-ce qui a pris à Dieu de faire un type comme toi ?! ». Ce qui déstabilisait l’adolescent c’était le fait que ses deux parents puissent être en colère tous les deux contre lui car quand il se faisait réprimander, ce que vous appelez l’enfer, il appelait ça chez lui… Son père, de nature calme ne supportait pas que son fils fasse l’abruti à l’école : il avait voulu lui offrir une école avec une bonne réputation, ce n’était pas pour le voir débarquer à la maison hors vacances scolaires pour des raisons complètement stupides.

L’adolescent déposa son téléphone sur la table dans un soupir. Il tourna la tête vers Arthur pour lui poser la question fatidique :

« Tes parents t’ont – »

Mais il fut interrompu par un bonhomme-crêpe qui roucoulait. Mattheus éclata de rire et trouva qu’Arthur se BNifiait. Non non, il ne se bonifiait pas comme un bon vin ; la crêpe sur la tronche lui donnait un air de BN qui a l’air sceptique.

« Quand j’étais gamin, mon père faisait toujours ça avec les crêpes. Il disait que c’était pour rendre hommage aux monstres des crêpes, pour éviter qu’il nous inflige un mal de ventre après avoir trop mangé de crêpes et trop bu de cidre. Ma sœur avait tellement peur de ce monstre que pendant quelques années, elle a refusé d’en manger. Du coup, pour se moquer d'elle, le Monstre est devenu une tradition chez nous. »

Mattheus, ayant eu le temps de terminer son repas pendant la narration de son ami, écoutait attentivement l’histoire bretonne de la crêpe magique. Mais en entendant parler de la sœur et du père d’Arthur, le jeune blond se posa deux questions, mais il n’en exprima qu’une seule :

« Gros, tes parents t’ont appelé ? »

La seconde était à propos de la frangine. Il se demandait si le Miro lui avait déjà montré une photo ou non. Ils parlaient peu de leurs familles respectives et soudain, il trouva dommage de ne pas avoir vu la bouille de la jeune fille.

« Mec, si on retourne au pensionnat, on va se faire expulser. A moins qu’on reste là et qu’on devienne SDF, mais on risque de recroiser tes mômes et ce n’est que mon dixième message donc y’a pas moyen, je veux pas être avorté. »

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Dernière édition par Mattheus Haubenestel le Mar 30 Juin - 17:00, édité 1 fois
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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Dim 22 Mar - 18:27

La couill-ère en main, Arthur médite. Face à sa crêpe, il ne sait pas quelle tactique adopter. Doit-il la rouler ou la plier ? Pour le marin, la question mérite d’être posée. Son sang breton lui dicte d’y aller avec grâce et volupté, d’y aller avec l’art du pli en enveloppe. Son sang normand, lui, l’incite à y aller comme un barbare et la rouler d’un geste sûr pour la dévorer dans la foulée. Le choix est difficile. Doit-il choisir le contenant ou le vît vice normand ? Après quelques hésitations, certainement très légitimes, Arthur opte pour les seins la sainte trinité crêpesque et se replie donc vers un pli en triangle. L’esprit alors à la tâche, le marin n’entend plus les pleurs de la gamine de derrière, ni même les lamentations de la madame sans âme. Il ne fait d’ailleurs plus vraiment attention au monde qui l’entoure. Avec soin et douceur, il se contente de monter soigneusement son assiette. Ce n'est qu'une fois la crêpe préparée, qu'Arthur se redresse légèrement et admire son œuvre. A moitié satisfait, il dessine des yeux et une moustache sur sa crêpe, oubliant totalement de lui  créer un nez et une bouche. Ce sera le Voldemort des crêpes, c’est tout.

Fier de son œuvre, Arthur incite son pote à baisser les yeux vers son joujou. Il lui proposerait bien lui en faire une vite-fait-bien-fait (je parle toujours de crêpes, hein), mais le marin sait bien que le Prussien n’aime pas jouer avec la nourriture. Alors, le Breton retient ses ardeurs et se contente d’hausser les épaules à sa question avant de répondre par un vague : « ch’ai pas ». Sans trop se presser, il glisse une main sur dans sa poche et attrape son engin. Encore un peu humide de son aventure dans la neige, Arthur le frotte doucement sur sa chemise, puis regarde l’écran. Quatre appels manqués et trois messages vocaux. Regardant vaguement le nom des en-kiki-neurs, Arthur soupire légèrement. « Ah bah ouais ». Bordel. Quelle plaie.
Les gestes alourdis par la nonchalance, Arthur amène son téléphone à ses oreilles, tandis que son pote lui expose l’idée de devenir des SDF. Ignorant ce que signifient ces lettres, Arthur fait tout de même mine de refuser cet avenir, trop dérangé par l’idée de recroiser ses vrais/faux gosses. Il écoute alors le premier message, soupire aux remontrances glacées de sa mère et efface le message. Il prend alors une bouchée de sa crêpe, la mastique mollement et sourit légèrement au deuxième message. Apparemment, son père a encore oublié de raccrocher après que le répondeur se soit mis en route. Amusé, Arthur archive le message et s’enquit du dernier. Comme prévu, il reconnaît la voix de sa sœur qui chuchote tout d’abord : « Les gars… ? », puis qui hurle : « Fuyez… PAUVRES FOUS ! ». Complètement j’tée, celle-là.

Riant encore à la connerie de sa sœur, Arthur consulte les messages textes. Comme à son habitude, son père écrit en breton et fout des points à la place des espaces, ce qui donne un message du type: mat.ar.jeu.pelech.emaout [trad : tu vas bien ? Où es-tu ?]. Sa sœur, elle, s’est contentée d’un : « SOUQUE TES ARTEMUSES, VITE ! » qui veut certainement dire, dans son langage à elle, qu’il doit lever les voiles. Complètement cinglée, cette fille. Éteignant son téléphone, Arthur attrape sa cuillère et finit sa crêpe. Après s’être donné tant de mal pour la confectionner, ce serait con de ne pas la finir. Alors, tout en mastiquant mollement, Arthur réfléchit. Ou plutôt, tente de le faire. Chez lui, ce n’est jamais très facile. Un peu trop rêveur, le Breton est plutôt ce genre d’insouciant qui délaisse la raison pour les sens. N’ayant jamais assimilé le mode d’emploi de la « pensée unique », il se laisse aller entre plusieurs idées, les laisse s’imposer et faire leur vie comme ça leur chante. Arthur est comme ça, un peu trop inconstant pour se focaliser sur une idée, un détail, ou un modèle à sens unique de réflexion. Il préfère se perdre entre deux odeurs, quatre sons, trois images. Et justement, il se perd peu à peu dans le souvenir de la douce jeune femme aux fleurs qui s'est fait sauvagement embarquée par les flics. Sans vraiment s’en rendre compte, il conclut que rester dans le coin, c’est risquer de se faire choper. Et si les policiers ne l’impressionnent guère, la furie de sa mère, si. Hors de question de se faire lacérer par ce Dragon.

« Ok, on se barre. »

Bien décidé à ne pas se faire prendre -si j'ose dire, Arthur règle son addition et fait signe à son pote de le suivre  à l’extérieur. Cependant, la main sur la poignée, il suspend ses mouvements. Derrière la vitre, il aperçoit une petite tête blonde, suivie de deux brunes, marcher d’un pas décidé dans les rues. Le Breton déglutit lentement ; merde, ils sont déjà là ?  « Repli stratégique ! ». La voix à peine plus ferme que d’habitude, Arthur incite son pote à se cacher derrière la porte, le temps que les silhouettes s’éloignent. Il ignore si ces trois personnes font réellement partie de sa famille, s’il ne les a pas confondus avec des illustres inconnus, mais il préfère ne rien tenter. Parfois, il faut savoir se retirer à temps. Reprenant peu à peu le souffle, Arthur finit par jeter un coup d’œil à travers la fenêtre. L’Hydre à trois têtes semble avoir disparu.

« Pas de mouvement sur les fronts Est et Ouest. »

Faisant signe à son pote que la voie est libre, Arthur s’engouffre dans la rue. Il scrute attentivement les environs, à la recherche d’un flic, d’une tête blonde, d’un gars aux airs perdus ou d’un Dragon, mais il ne voit rien. Un peu méfiant, le Breton longe les murs et se glisse dans la première ruelle venue. Ils n’ont pas le choix, ils doivent trouver un repère où se cacher, le temps que la tempête parentale se dissipe. S’adossant alors au mur, Arthur remonte son écharpe sur son nez, tel un commando d’élite et s’applique à rouler une cigarette magique. Peut-être qu’elle l’aidera à trouver de bonnes idées, qui sait. En attendant, il doit se détendre, se remettre de ses émotions. Un Hydre et trois enfants, ça fait beaucoup pour un seul homme.

Arthur tire une première latte, puis une deuxième. Y’a rien qui vient. Un peu découragé, il la tend alors vers son pote (la cigarette). En l’observant se consumer, le garçon soupire. En Bretagne, il n’aurait pas tous ces soucis. En Bretagne, il aurait pu pisser en toute impunité dans la cour de l’école. En Bretagne, il aurait pu se cacher derrière les falaises de Plogoff, se perdre dans la forêt de Brocéliande et s’enfuir en voilier sans que personne ne vienne l’emmerder. En Bretagne, il aurait pu bouffer douze crêpes d’un coup, sans que de supposés enfants viennent lui couper l’appétit. Mais il est au Japon. Un jour, quand il sera Roi de Bretagne, il raillera définitivement le Japon des cartes. Mais, en attendant cette destinée légendaire, il se contente de soupirer. « Et si on rentrait chez nous ? ». Il lance un regard à son pote et tend les doigts vers la cigarette. Il propose ça comme ça, comme on décide de partir en Sicile après avoir bu un apéro de cinq heures. Il n’impose rien, il lance ça un peu en l’air, mais il ne peut s’empêcher de s’y préparer déjà. Ça fait plusieurs semaines qu’il n’est pas allé saluer ses vagues, ça commence à le démanger. Et puis, de toute manière, ils font se faire démonter la gueule. Autant que ça le soit pour une bonne raison.
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Mattheus Haubenestel
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Dim 29 Mar - 0:44

L’index et le pouce de la main droite de Mattheus enserrent la clope tendue par Arthur ; l’avant-bras se replia pour l'amener au bord des lèvres.

Pour la suite, c’est à vous, lecteur, de reconstituer les éléments dans le bon ordre car tout ce que respire ou boit Mattheus a de fâcheuses répercussions sur l’auteur.

_Point scientifique_

L’individu porte à ses lèvres une cigarette qui vient d’être conçue et allumée par un ami. L’offrande se consume petit à petit, permettant à la nicotine de s’évaporer lentement du vicieux poison. Avant même d’extirper une bouffée de fumée, le tabac brûle déjà et au-dessus de la clope s’échappe un voile de monoxyde de carbone grisâtre. Ensuite les poumons de Mattheus ne se gonflent pas de l’habituel oxygène mais ils se gargarisent d’un mélange artisanal chimique. L’ingestion pulmonaire d’un tel cocktail permet aux molécules d’entamer une danse originale dans la salle de bal improvisée. Elles forcent le passage dans les bronches et le tétrahydrocannabinol pénètre dans un véhicule rouge. Les globules entraînent leur hôte dans tous le corps alsacien de l’animal, suivant une libération époustouflante de dopamine dans le noyau accumbens ; flirtant avec les circuits dramatiques de la récompense et de la dépendance. Progressivement les sens s’alourdissent et les performances physiques et psychiques s’ankylosent : la machine ralentit, la ville cesse d’être citadine et prend l’allure d’une petite campagne. A l’inverse le myocarde teste ses capacités d’accélération et augmente son rythme. Les sensations de douleur sont atténuées et les engelures brûlantes ne sont plus qu’un lointain souvenir. Le sang atteint les vaisseaux de la choroïde, enveloppée par la sclérotique ; l’humeur aqueuse apporte les nutriments aux cellules fibreuses du cristallin tandis que ladite choroïde nourrit la rétine. Les cellules nerveuses photo réceptrices viennent de percevoir des rayons lumineux et une couleur blanchâtre reçue par la cornée, ajusté par le cristallin, transperçant cruellement l’humeur vitrée et atterrissant sur la rétine. L’information transmise au nerf optique voyage jusqu’au cerveau et traduit ces pulsion électriques. L’étendue blanche et épaisse est rapidement analysée comme étant un ciel nuageux. Pendant ce temps, l’esprit s’est permis des vacances en relâchant peu à peu l’étreinte sur la raison. Les poumons finissent de se gargariser avant d’expulser lentement le doux poison. Un nuage de fumée rejoint les cieux en s’échappant des lèvres entrouvertes de Mattheus.
Lire ne tue pas. Courage. Lisez la suite.

_Point mythologique_

« Repli stratégique » Mattheus, incité par son ami roturier de la cour d’Angleterre, plongea derrière une porte afin d’éviter de croiser trois sombres Erinyes errant dans la rue à ce moment-là. Tisiphone, Mégère et Alecto soufflaient une brise glacée autour d’elles. L’Alsacien frissonna en apercevant leurs silhouettes. Elles voilaient leurs serpents par une tenue aux manches amples. Les endeuillées rejoignaient un criminel à hanter. Alecto, dite l’Implacable, susurrait à ses sœurs l’identité du parricide : Mégère, ou la Jalouse, écarquilla ses yeux flamboyants tandis que Tisiphoné, la Vengeresse, serra ses poings si forts qu’on entendit le craquement de ses articulations. Le récit du crime conté par Alecto leur rappelait le triste souvenir de leur naissance. Elles naquirent du sang du Ciel versé par Kronos sur la Terre, depuis ce jour, elles symbolisaient l’ordre moral. Elles n’existaient que pour défendre les lois de la société humaine et s’inquiétaient surtout des affaires familiales. Les jeunes Français firent tout leur possible pour éviter leurs regards menaçants : leur crainte était justifiée, quiconque tombait dans leurs griffes sombrait peu à peu dans la folie furieuse. Une ville abritant de telles divinités risquait la famine et la maladie. Mattheus retenait son souffle en entendant les pas lourds et inquiétants de ces fantômes du monde Tartare. Il déglutit et s’évertua à penser qu’elles n’attaquaient pas au hasard. Elles avaient même un point commun avec l’Amour : ils apparurent le même jour dans le monde des vivants ; la mer, fécondée par le crime contre le Ciel fit naître la belle Aphrodite. Alors pourquoi craindre les demi-sœurs de l’Amour qui défendent l’ordre moral ? Sans doute est-ce parce que Mattheus ne pouvait pas s’imaginer vivre dans une ville décimée par la famine.
L’Estomac est son Dieu unique.

_Point météorologique_

Le bassin aérien connaîtra une perturbation à l’est et à l’ouest suite à l’anticyclone qui remonte du sud pour atteindre les guichets les plus aux nord. Un vent venant d’Alsace va pénétrer les zones d’entrées et s’engouffrera dans un hall sujet à des courants d’air. Les températures seront en-dessous des normales saisonnières et on attend des perturbations pour les jours à venir. Les reliefs commerciaux subiront, quant à eux, un ciel nuageux.
Demain, on fêtera les Jean-Baptiste.

_Point cinématographique_
Silence ! … Moteur ! … Ça tourne ! … Annonce ! … Action !
Gros plan sur le visage d’Arthur Madeck avant qu’il ne dise « Ok, on se barre ». Travelling arrière qui permet de voir les deux acteurs attablés au restaurant japonais. La symphonie n°7 deuxième mouvement (Allegretto), de Beethoven se met en route. Le brun se lève et on entend le bruit du tabouret qui frotte le sol. Il sort du champ. Le blond se baisse pour récupérer son sac accolé au radiateur et se redresse en plaçant son sac-à-dos sur ses genoux. Plan de détail sur les objets oubliés par Arthur Madeck : deux petites figurines colorées. La main de Mattheus Haubenestel attrape la peluche et la figurine et sort du champ. Plan moyen : Mattheus Haubenestel range les objets dans son sac et se lève avant de sortir lui-même du champ. Plan d’ensemble : Arthur Madeck et Mattheus Haubenestel payent leurs consommations au bar du restaurant. Puis ils se dirigent vers la sortie.
Coupez !

_Point exposé d'art petit niveau_

*Bruit de quelqu’un qui monte sur l’estrade et qui s’éclaircit la gorge*
Donc oui alors aujourd’hui je vais vous parler d’une œuvre d’art exposée à l’intérieur de la principale salle d’exposition du musée d’art de Chatelard. Alors nous constatons qu’il s’agit d’un grand tableau qui est seul dans toute la salle. Il est très grand car il s’agit d’un magnifique polyptyque. Malheureusement les spécialistes n’ont su déterminer ni l’auteur ni sa date de création. Donc voilà. Ensuite bah je vais surtout vous décrire les différents panneaux qui constituent le polyptyque. Tout d’abord il y a un premier panneau qui montre deux garçons qui courent dans la rue. Y’en a un qui est brun et l’autre qui blond. Ça signifie la vitesse de la vie quand on est jeune, la rapidité, la fluidité, la… le…. Une sorte de printemps de la jeunesse. Ils sont vigoureux, entraînés mais on constate qu’ils ne sont pas enjoués, ils ont un peu l’air inquiet. Le paysage est hivernal, il y a de la neige de partout. Voilà... Donc… Eh bien après il y a le deuxième tableau. Y’a le blond qui lève le bras au bord d’un trottoir, comme pour faire arrêter une voiture. Mais la peinture s’est abîmée à côté et on voit pas bien ce que fait le deuxième personnage. Et il y a toujours de la neige, donc on peut supposer que c’est la suite du premier tableau. Ici ça peut signifier le phénomène de la fuite en avant. Les jeunes pensent qu’en allant vite bah… on va vite. Et… Alors, c’est pas faux mais quand même, ça sert à rien. Une seconde sera toujours égale à une seconde. Le temps ne passe pas plus vite si nous on va vite : c’est peut-être ça que l’auteur a voulu montrer en peignant la scène : c’est représenter quelque chose de rapide en le fixant pour toujours sur une toile. C’est paradoxal quoi. Voilà. Après sur le troisième panneau y’a une voiture où y’a une porte arrière qui est ouverte : le garçon blond commence à rentrer et on voit son bras qui tient le col du garçon brun. Sur la voiture, au-dessus, il y a un petit élément qui indique que c’est un taxi. Après le quatrième panneau est bizarre parce qu’il s’agit juste d’un fond blanc où il est juste écrit « 200 mètres plus tard », reprenant ainsi les références des bandes dessinées les plus banales. Là j’ai pas trop trouvé de sources qui analysaient ce panneau-ci. Les scientifiques restent stoïques face à ça. Enfin, le dernier panneau c’est le blond qui paie en lançant des petites pièces au monsieur qui les a conduit jusqu’à l’endroit qu’ils voulaient. Il y a toujours de la neige au sol et dans le ciel y’a un petit avion. Ça veut dire que l’homme dépend de ses créations : la monnaie, la voiture, l’avion ; mais un jour la nature reprendra le dessus : c’est représenté par la quantité de neige. Voilà. Conclusion : le peintre dépeint sans peine des dépeignés qui atteignent sans haine leur… Règne ? Il s’agit peut-être des rois de leurs propres mondes ? Voilà.
Monsieur, j’ai combien pour mon exposé ? Je bats des records, vraiment ?! … Trois sur vingt ? Ah merde…

_Point militaire_

L’infanterie mixte s’engagea dans une ruelle après que le premier général déclama « Pas de mouvement sur les fronts Est et Ouest ». Les armures cliquetaient à chacun de leurs mouvements. Ils battaient en retraite pour fuir une invasion dévastatrice. Le premier général semblait perplexe tandis que le deuxième général s’adossa au mur, face à son camarade. Les généraux s’autorisèrent une trêve pour élaborer un plan de bataille. Le général à l’accent Alsacien se frottait les yeux et espérait qu’il aurait bientôt une perm’ pour pouvoir rentrer un peu chez lui. « Et si on rentrait chez nous ? » Le général proposait une désertion ? Le deuxième général se redressa et sortit son plus bel attirail : les armes en ivoire s’illustrèrent derrière ses lèvres en signe d’approbation. Il s’accroupit et releva son col pour se camoufler au mieux : il avança lentement et fit un signe de la main à son camarade de guerre qui était à l’arrière.
Il faut sauver le soldat RyanAir.

_Point g33k_

Lancer le jeu Free To Play nommé « arrivée_au_guichet ». Good Luck Have Fun. Peu d’attente pour l’achat de billets. Avancer jusqu’au Bot pour acheter des tickets d’avion. Action : discuter avec « hôtesse » ; demander : « ticket Japon-France ».

« Très bien. Votre passeport je vous prie. »

OMFG. Headshot. Gros bogue. (Ctrl+Alt+SUPPR). (Ctrl+Alt+SUPPR). Echec. Blue screen of death.
Machine Mattheus bloquée. Redémarrage en cours.
Osef, Mattheus et Arthur FTW.
12


Dernière édition par Mattheus Haubenestel le Mar 30 Juin - 17:14, édité 1 fois
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Arthur Madeck
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MessageRe: Air BordeM | | Arthur Madeck- posté le Lun 15 Juin - 23:41

Avec lenteur, Arthur détaille son pote et s’affale un peu plus contre le mur. Il parie que son camarade bourgeois ne tiendra pas deux minutes. Ce joint, il l’a vraiment chargé. D’ailleurs, il fait déjà effet. Il soupire vaguement et, oubliant momentanément que le sol est jonché de neige, il se pose avec lourdeur sur le couvert humide. Il lève le nez vers le ciel et, sans trop savoir pourquoi, la devise de sa famille s’impose à son esprit : A plus. Soit  toujours plus haut, en français. Un sourire évasif se dessine lentement sur ses lèvres. Sa mère lui dit toujours qu’il faut suivre les traditions familiales, qu’il faut honorer son nom, ses particules, ses titres. Elle en dit des conneries, mais pour une fois, il se décide à l'écouter et récupère le joint. Il ne lui suffit que deux ou trois minutes et ça y est, il est perché. Les yeux plantés dans le macadam, il sourit. On ne peut pas dire qu’il n’honore pas le dicton familial : pour être haut, il est haut.

Parti à mille lieues de là, le futur trou Duc ne peut s’empêcher de murmurer une autre devise de sa famille : « Pour ce qui me plest (1) ». Celle-là aussi, on ne peut pas dire qu’il ne lui fasse jamais honneur. Finalement, le sang des de Rohan roule peut-être bel et bien dans ses veines. Détachant son regard du béton, le garçon le dépose sur la rue passante. Lui qui pensait s’être lavé de tous les récits héroïques de ses aïeuls, il est forcé d’admettre que le venin de sa mère a tout de même réussi à ankyloser une partie de son esprit. Il tire une taffe et jette un regard vers Mattheus. Il l’observe quelques secondes, puis lui murmure quelques incohérences qui les font rire comme des bossus. Arthur ne sait plus trop quelle langue il parle, français, allemand (ou alsacien), breton ou même latin, mais ad vienne che’ purin, ils se marrent.Il ne faut pas grand-chose pour ces deux idiots-là, de toute manière. Un pétard, un paquet de BN, un Rambo ou un Rocky et ils sont heureux.

Hilare, Arthur contemple son pote, totalement défoncé, qui hèle un taxi. Ou du moins, qui tente. Trop bien installé pour songer aller l’aider, il le laisse prendre la chose en main (…enfin). Se sentant parfaitement détendu, il s’affale un peu plus. Pour tout dire, ce n’est pas tant le psychotrope qui a un effet léthargique sur ses nerfs, mais plutôt cette impression que le monde s’arrête quelques instants. C’est cette immobilité qu’Arthur affectionne plus que tout ; car s’il est imperméable aux tracas de l’univers, il est incapable d’arrêter le temps. Et c’est ce dont il a le plus besoin, du temps. Le regard lointain, il ne voit pas son pote approcher, trop occupé à décortiquer cet énoncé philosophique : « Sarah, allume le luminaire (2) ». La phrase est profonde, cela ne fait aucun doute. Complètement absorbé par son enquête, le garçon se fait surprendre par l’ordre teutonique qui lui impose de monter dans un taxi. P’tain, mais il voulait rester posé, lui. Il n’empêche qu’il ne rechigne pas et emboite lentement l’Alsacien. du pas. Il ignore où Blondie l’amène, mais il s’en fout : il a le cul mouillé et ça, c’est carrément pas agréable.

Dans le taxi, Arthur découvre l’ampleur des dégâts : son pantalon et sa veste sont flanqués de tâches d’eau et son pote… Bah, il dort la bouche ouverte. Le regard brillant, le Breton ne tente rien pour le réveiller, se contente seulement de sortir un stylo de sa poche. Oui, il va faire ce que vous pensez. Profitant de la molesse de son pote, le Breton scarifie lentement la peau de son pote à coups de stylo et dessine, de façon très mature, des petits… éclairs sur son front. Il se dit que c’est une bonne idée, que maintenant il ressemble au super-héros Flash. Parce que pour Arthur, c’est clair depuis le début : si son pote est aussi rapide, ce n’est pas parce que lui est particulièrement lent, mais parce que Mattheus est très naturellement un Flash CACHET. Cela ne fait aucun doute pour le marin.  

Arrivés à ce qui semble être l’aéroport, les garçons se dirigent vers les bureaux de réservation où Mattheus réserve expressément des places extrêmes à l’extrémité de l’avion. L’hôtesse leur demande de patienter et Arthur en profite pour demander à son pote de sortir son passeport. Ce dernier décroche alors subitement de la discussion et Arthur prend pas vraiment le temps de s'en formaliser. Il se demande vaguement si lui aussi ressemble à un attardé quand il a ses bugs. Désirant faire retomber son pote sur Terre, le garçon claque des doigts devant ses yeux. Aucune réaction. Fouillant dans ses poches, Arthur trouve finalement un reste de BN et l’agite sous son nez. L’Allemand ne cille même pas. Même pas pour un BN. P’tain, ça va vraiment mal. Balisant légèrement, Arthur interrompt ses expériences lorsqu’une voix désagréable s’élève derrière lui. Au milieu du hall, un homme ameute les troupes avec des cris vaguement déguisés en chants. Le sourcil relevé, le Breton se concentre sur la voix et… Quoi ? Non attends, ce n’est quand même pas…

« Eh les amis ! C’est moi, c’est Patoche ! C’est la fête, les amis ! Le petit bonhomme en mousse… Tous avec moi ! »

En fer est Dame Nation (3). Interloqué, Arthur réalise qu’il est sûrement défoncé bien plus que lui-même, vous pouvez le croire. Il n’a pas vraiment le temps de vérifier cette hypothèse, déjà deux petites nanas s’élancent vers ledit Patrick, paquet de popcorn en main. Sans sommation, ces deux cinglées lui balancent le contenu des pots à la tronche, auréolés de « Conasse, connasse, CONNASSE ». Bon. Sérieux, il se demande ce qu’il y avait dans l’herbe qu’ils se sont tapés, mais une fois encore, Arthur n’a pas le temps de réagir à quoique ce soit. Deux agents de sécurité appréhendent les malfrats et les mettent hors d’état de nuire.

Les deux psychosées du popcorns arrêtées, le Breton reporte son attention sur l’hôtesse et tombe nez-à-nez avec deux agents de police. S’il ne pige pas tout de suite, Arthur comprend vite à leurs airs qu’ils sont perdus. Secouant lentement de la tête, il murmure à Mattheus, en guise de forfait :

« Ennemi dans la tranchée. Nous frappons notre Waterloo, soldat. »

En guise de salutations, le flic leur ordonne de ne pas bouger et s’intéresse immédiatement à sa pomme mal-foutue de Breton. Il sort ensuite un papier, puis prononce avec difficulté l’identité complète du marin. Ce dernier grimace alors légèrement, n’aimant pas qu’un illustre inconnu cite son nom de famille à tout va (4). Il n’empêche qu’il se force à sourire, ne pas baisser les yeux et, comme pour confirmer la filiation, le garçon ne peut s’empêcher de citer un de ses ancêtres :

« Duc je ne daigne, Roi je ne puis, Prince de Bretaigne, de Rohan je suis (5)».

… Bon, on va dire que ça explique tout. Une fois leurs deux identités déclinées, les flics les embarquent et les ramènent au pensionnat. Retour à la case départ. Ils vont sûrement se faire renvoyer et si Arthur n’ose pas trop y croire, il croise tout de même les doigts. Un renvoi, c’est quelques semaines en Bretagne, c’est déjà ça de gagner. Et avec un peu de chance, ce sera juste à temps pour la Course de St-Malo.

En pleine réflexion quant à l'organisation de ses futures vacances forcées, le Breton ne remarque qu'au dernier moment que les deux policiers les amènent dans le bureau du Directeur de l'école. A peine entré dans la petite salle, Arthur reconnaît le tailleur de sa mère, les cheveux de sa sœur et une silhouette totalement inconnue. Fin de la partie, il va se faire démonter. Raie QI aime.

 

________________
(1) Avoue, c’est classe. 1 – Bretagne 0- Alsace.
(2) Mec, les interrupteurs, j’ai toujours pas compris.
(3) Note inutile.
(4) Le nom complet, c’est : Arthur, Alain de Rohan-Chabot Madeck.
(5) ... OK. J’uis à fond dedans /shot
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Air BordeM | | Arthur Madeck

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